Environ 150 personnes vivent en situation d’itinérance « visible » en Outaouais, la grande majorité à Gatineau.
Environ 150 personnes vivent en situation d’itinérance « visible » en Outaouais, la grande majorité à Gatineau.

Itinérance: des services incomplets et décousus

Environ 150 personnes vivent en situation d’itinérance « visible » en Outaouais, la grande majorité à Gatineau. La réalité est probablement pire. Le nombre de familles itinérantes est à la hausse. Les Œuvres Isidore-Ostiguy estimaient à près de 150 le nombre de familles qui vivaient de l’itinérance « cachée » en 2018. Les organismes de dépannage d’urgence sont incapables de suffire à la demande.

Malgré ce constat, les vieilles lacunes maintes fois identifiées demeurent les mêmes sur le terrain. Les nombreux partenaires qui œuvrent en itinérance n’arrivent pas toujours à travailler efficacement ensemble.
Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) estime que dans leur globalité, les services destinés aux itinérants sont « incomplets et mal coordonnés ». Des « enjeux de collaboration et de vision entre les acteurs » sont observés et les actions communautaires en logement social « doivent être mieux coordonnées ». Les ressources pour le soutien communautaire en logement sont carrément insuffisantes. 

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Les deux mains dans la «médiation sociale»

Sur ce dernier élément, l’organisateur communautaire au Collectif régional de lutte à l’itinérance de l’Outaouais (CRIO), Alexandre Deschênes, rappelle que « ce n’est pourtant pas les gens qualifiés qui manquent, ce sont les moyens dont disposent les organismes pour les faire travailler ».

La construction de logement c’est bien, mais ce n’est pas une finalité, dit-il. « On ne fait pas la lutte à l’itinérance avec des logements abordables et salubres, on la prévient, dit-il. Si on veut lutter, il faut du soutien social et communautaire dans ces logements, mais le financement est faible et jamais vraiment assuré. Le communautaire est devenu une forme de sous-traitance bon marché pour le gouvernement. Il faut que ça cesse. » M, Deschênes croit que sur ce point, il peut y avoir une alliance avec la Ville pour faire front commun devant Québec. « La situation est devenue intenable », dit-il.