Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, a réagi au nom des élus de la Coalition avenir Québec de la région.

Islamophobie: «On doit lutter contre l’intolérance, pas l’alimenter»

Après le maire de Gatineau, vendredi après-midi, d’autres personnalités du monde politique ont réagi aux déclarations controversées de la conseillère de Touraine, Nathalie Lemieux, au sujet de l’islamophobie.

Discret toute la journée vendredi, le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, a réagi au nom des élus de la Coalition avenir Québec de la région, samedi matin.

«C’est une évidence que je condamne vigoureusement ces propos, tout comme mes collègues Mathieu Lévesque et Robert Bussière. On doit lutter contre l’intolérance, pas l’alimenter», a-t-il indiqué dans une déclaration écrite.

Rappelons qu’en entrevue avec Le Droit, Mme Lemieux avait appuyé la décision du premier ministre, François Legault, de ne pas tenir de journée contre l’islamophobie.

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«Les Québécois ne sont pas aussi racistes que certains voudraient le faire croire. Quand un peuple veut s’intégrer, il s’intègre et ce peuple ne s’intègre pas, affirmait Nathalie Lemieux. Ces gens-là font beaucoup de choses mal, avec leurs camions et toutes ces choses-là, et c’est normal d’en avoir peur.»

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a réagi en après-midi, vendredi, pour annoncer qu’il demandera conseil municipal qu’elle soit démise de ses fonctions de mairesse suppléante.

La conseillère de Touraine, Nathalie Lemieux

«Des ponts fragilisés à rebâtir»

Des collègues de Mme Lemieux au conseil municipal de Gatineau ont également offert leurs réflexions sur les médias sociaux. Les conseillers membres d’Action Gatineau se sont généralement contentés de relayer la déclaration du maire.

Le conseiller du district du Versant et président du conseil municipal, Daniel Champagne, a indiqué qu’il souhaite «que les propos de sa collègue aient dépassé sa pensée».

Le conseiller de Deschênes, Mike Duggan, a quant à lui lancé un appel à la retenue et souhaite que Nathalie Lemieux ait la chance de s’expliquer — ce qui doit être fait en début de semaine — avant de la juger. Sur Facebook, l’élu du secteur Aylmer laisse entendre qu’il ne croit pas que sa collègue ait réellement dit ce qui a été rapporté par Le Droit.

«Je fais plus confiance à Mme Lemieux qu’aux journalistes. Écoutons sa version de l’histoire avant de la condamner. Ne voudriez-vous pas la même chose pour vous et pour ceux que vous aimez?», répond-il à un internaute critique des déclarations de la conseillère de Touraine.

Comme Mike Duggan, M. Champagne souhaite entendre Nathalie Lemieux plus longuement avant de porter un jugement définitif sur la situation. 

Joint par Le Droit, le président du conseil municipal affirme utiliser encore le conditionnel en parlant de cette saga. Contrairement à M. Duggan, ce n’est pas par manque de confiance à l’endroit des représentants des médias, mais plutôt dans l’espoir que sa collègue se soit mal exprimée durant cette entrevue.

«Je souhaite qu’elle puisse apporter certaines nuances, au minimum, sinon se rétracter complètement. Je ne sais pas ce qui l’a menée à tenir des propos comme ça et je trouve ça extrêmement inquiétant si c’est le cas parce que ce n’est d’aucune façon représentatif de Gatineau et du conseil municipal», affirme Daniel Champagne.

Ce dernier appuie la décision du maire de retirer Mme Lemieux de ses fonctions de mairesse suppléante, à tout le moins pour les prochains mois.

«Il faut qu’il y ait des gestes concrets qui soient posés de sa part, qui démontrent qu’elle n’adhère pas aux propos qu’elle aurait tenus, explique M. Champagne. Pour moi, il faut que ça aille beaucoup plus loin que simplement dire: ‘je m’excuse pour les propos que j’ai tenus’. Il y a des ponts qui sont fragilisés et ils doivent être rebâtis.»