Le chantier du nouveau pavillon du parc des Cèdres a été touché par la crue printanière.

Inondations: une réflexion s’impose au parc des Cèdres

Les inondations qui frappent la région forcent la Ville de Gatineau à revoir rapidement une partie du plan d’aménagement du parc des Cèdres qui doit être déposé au conseil municipal d’ici le début de l’été, a appris Le Droit.

Une bonne partie du chantier du nouveau pavillon actuellement en construction au coût de 6,8 millions $ a été submergée au cours des dernières semaines. La Ville précise que les fondations du pavillon lui-même n’ont toutefois pas été inondées et que l’immeuble se trouve en dehors de la zone inondable 20-100 ans.

La décision d’éloigner le nouveau pavillon de la zone inondable a été prise après les inondations de 2017. Il se trouve à près de 50 cm au-dessus du plus haut niveau d’eau enregistré à cet endroit ce printemps, ce que la Ville estime être une marge de manœuvre appréciable. 

La conseillère du quartier, Audrey Bureau, ajoute que le pavillon sera construit au niveau du sol, sur une dalle de béton, et sans sous-sol, ce qui rendra l’immeuble plus résilient à d’éventuelles inondations. «Si la Ville avait vu un problème, elle ne se serait pas mis la tête dans le sable et elle aurait arrêté le projet», dit-elle.

Si cette partie du projet du parc des Cèdres ne présente pas d’enjeu particulier aux yeux de la municipalité, ce n’est pas le cas pour d’autres éléments d’aménagement prévus dans ce parc. 

Réflexion

«Je pense qu’on devra par contre réfléchir à la promenade riveraine, précise Mme Bureau. Il est encore temps de regarder cet élément du projet, ainsi que la piste cyclable. Est-ce qu’on veut changer ça pour tenir compte de la nouvelle réalité?»

Cette promenade riveraine, telle que proposée, serait complètement submergée actuellement, note la conseillère.

«Il y a lieu qu’on se questionne, ajoute-t-elle. À la lumière de ce qu’on vit présentement, certainement que nos équipes sont en train de le faire. Est-ce qu’on fait des infrastructures qu’on sait qu’elles risquent d’être sous l’eau? Si on le fait, est-ce qu’on adapte notre infrastructure? Nous aurons plein d’experts à la table pour regarder ça avec nous. Il reste encore du temps pour réagir. Le plan directeur du parc des Cèdres doit être présenté au conseil d’ici l’été.»  

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a indiqué se ranger derrière la conseillère Bureau dans ce dossier. Il précise néanmoins avoir beaucoup de questions à poser sur l’ensemble des infrastructures municipales lorsque l’eau se sera retirée.

«On a mené une bataille pour le Toyota Gatineau qui était clairement dans un endroit où ça n’avait pas de bon sens, rappelle-t-il. On s’est posé des questions pour notre usine de traitement des eaux usées qui est proche de la rivière, mais elle est déjà construite, alors on a pris certaines mesures pour la protéger qui ont très bien fonctionné cette année. On devra cependant se poser des questions pour l’ensemble de nos infrastructures. On travaille avec des normes qui ne sont plus nécessairement applicables.»