Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, souhaite que le dossier des sinistrés des inondations avance le plus rapidement possible mais rappelle qu'il faudra encore faire preuve de patience.

Inondations: une dérogation collective pour Pointe-Gatineau?

Dévisagé par les inondations historiques du printemps dernier, le quartier Pointe-Gatineau pourrait bien être protégé par une dérogation collective dont les municipalités affectées pourront se prévaloir auprès du gouvernement provincial dans le but d'éviter le dépeuplement complet de certains secteurs.
La mesure, contenue dans le nouveau décret présenté mercredi, a de quoi réjouir le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, qui se dit convaincu que les revendications de la Ville ont eu des échos à Québec.
« Ça va permettre d'éviter l'effet gruyère, l'effet de se retrouver dans des quartiers,  notamment Pointe-Gatineau, où on aurait eu plein de trous. Je prétendais, et plusieurs le disaient, que c'est une erreur qu'il aurait fallu corriger dans l'avenir. [...] Ça nous donne un bel outil pour protéger les quartiers. On aura plus besoin de gérer maison par maison », a lancé le maire. 
Il rappelle toutefois que le processus ne se fera pas en criant ciseau et que l'évaluation de l'ensemble des zones sinistrées n'est pas encore finalisée par le gouvernement, même si Gatineau est certes l'une des villes traitées en priorité.
« Ça va prendre du temps et comme on le sait l'hiver va finir par arriver. Nous, on va essayer d'aller plus rapidement possible. Le gouvernement s'est donné 30 jours pour nous répondre à partir du moment où on fait notre demande de dérogation. Et pour être capable de déterminer les zones, il faut qu'on sache combien de maisons restent debout et combien seront démolies. Et ça, ça dépend des fameux rapports qu'on attend toujours », indique-t-il. 
Certains secteurs, par exemple la portion est de la rue Hurtubise ou encore le chemin du Fer-à-Cheval, ne seront cependant pas éligibles à la dérogation collective, dont les critères sont stricts, précise-t-il.
D'entrée de jeu, lors d'un point de presse jeudi, il a tenu à dire que la modification du décret par le gouvernement Couillard permet de répondre aux préoccupations de façon « extrêmement intéressante » et « est un changement qui représente de belles victoires pour beaucoup de sinistrés ».
M. Pedneaud-Jobin est particulièrement satisfait de savoir que le gouvernement a finalement décidé de baser les évaluations des bâtiments touchés sur le coût de reconstruction à neuf plutôt que sur la valeur foncière inscrite au rôle d'évaluation, qui est souvent moins élevée.
« C'est une mesure qui va apporter beaucoup plus d'équité aux sinistrés, notamment ceux dont la valeur de la maison était plus basse. Moins de maisons vont être considérées des pertes totales, ça va faire une différence pour bien des gens. C'est un pas important », a-t-il dit.
Le fait que les coûts d'immunisation d'une résidence pourront maintenant être inclus dans l'indemnisation maximale 200 000 $ par porte est une autre très bonne nouvelle, croit le maire de Gatineau, qui salue aussi la décision de Québec de déplafonner la somme pouvant être accordée pour le terrain adjacent au bâtiment. 
La semaine dernière, le maire avait affirmé qu'il souhaitait que la Ville n'ait pas à se soumettre au décret gouvernemental sur la reconstruction dans les zones inondables, afin de pouvoir gérer les demandes en fonction des communautés, et non « maison par maison ». Il avait envoyé une lettre aux ministres Martin Coiteux et David Heurtel pour leur faire part de sa déception.
Au total, près de 550 résidences ont été évacuées lors de la crue printanière à Gatineau.