Mardi, les pompiers ont rencontré les résidents de 44 rues inondées sur le territoire de la Ville de Gatineau

Inondations: un appel au gros bon sens

Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) demande aux curieux de ne pas se rendre sur les sites inondés.
Le sergent Jean-Paul LeMay a expliqué vendredi matin que les services d'urgences et les sinistrés « en ont déjà plein les bras » avec les inondations, et que l'ajout de badauds nuit au bon fonctionnement des opérations.
« Un moment donné, les gens doivent libérer l'espace, lance le porte-parole du SPVG. Ça crée de la circulation, que ce soit en bateau ou autre chose. On a déjà assez de problèmes comme ça. »
La situation, déjà difficile en Outaouais et dans l'Est ontarien, risque de se détériorer, vendredi. La pluie est incessante depuis la nuit de jeudi à vendredi, et Environnement Canada prévoyait un autre 30 millimètres, vendredi après-midi.
De la pluie - une dizaine de millimètres - est toujours prévue pour la journée de samedi, avec un maximum de 17 degrés. Le mercure doit osciller autour de 8 degrés ce vendredi.
Les paramédics en renfort
Les paramédics de l'Outaouais mettent leurs moyens de pression de côté et déploient une équipe de bénévoles pour venir en aide aux victimes des inondations qui affligent la région.
« La Coopérative des paramédics de l'Outaouais et la Fraternité des paramédics de l'Outaouais ont convenu, malgré la grève et les moyens de pression en cours, de déployer une équipe de bénévoles pour venir en aide aux riverains », confirme Francis Brisebois, chargé des communications de la Coopérative.
Depuis 16h, vendredi, les paramédics bénévoles rempliront des sacs de sable, une tâche importante dans la lutte aux inondations des résidences situées dans les secteurs touchés.
Les paramédics des onze casernes de la région ont été sollicités pour donner du temps.
Gatineau sort les bras
Les Gatinois se serrent les coudes. Depuis mercredi, pas moins de 200 personnes se sont portées volontaires pour aider leurs concitoyens aux prises avec les inondations historiques dans les secteurs Aylmer, Gatineau et Masson-Angers.
Une liste de 200 noms de bénévoles a été rapidement remplie, confirme Jean Boileau, du Service des communications de la Ville de Gatineau.
Les Gatinois prêts à aider doivent composer le 3-1-1 pour donner leur nom.
« C'est principalement pour remplir des sacs de sable », dit-il. La Ville décide de la répartition des forces vives, et demande aux bénévoles de s'adresser à la municipalité avant d'entreprendre une quelconque initiative, dans le but de bien coordonner l'aide aux sinistrés.
Ces sacs sont pour la plupart des gens touchés par la crue printanière le dernier rempart qui protège leur maison des eaux débordant de la rivière des Outaouais.
Dans la seule journée de jeudi, 2400 sacs de sable ont été ensachés, précise la Ville.
Pontiac souhaite que les sinistrés évacuent
À Pontiac, le niveau de la rivière des Outaouais pourrait atteindre un sommet des 100 dernières années, craignent les autorités municipales.
Encore une fois, on recommande aux riverains d'accepter l'invitation des pompiers et d'évacuer leur résidence pendant qu'il en est encore temps. Le niveau de l'eau pourrait monter de 22 cm d'ici dimanche et il deviendra de plus en plus difficile pour les services d'urgence d'avoir accès aux maisons des sinistrés.
L'état d'urgence a été renouvelé par le maire de Pontiac, Roger Larose, afin de pouvoir couper le courant dans certaines résidences et de fermer l'accès à certaines routes, lorsque nécessaire.
La Croix-Rouge sera de nouveau présente au Centre communautaire de Luskville au courant de la fin de semaine, soit de 9h à 16, samedi et dimanche.
Les personnes qui en ont besoin peuvent obtenir de l'aide pour trouver de l'hébergement, de la nourriture et de l'eau potable. Grâce à l'entente entre le gouvernement du Québec et la Croix-Rouge, les sinistrés n'auront aucun frais à débourser.
Julien Paquette, Le Droit
État d'urgence: Clarence-Rockland fait le point
Le maire de Clarence-Rockland, Guy Desjardins, et la directrice générale, Helen Collier, ont fait le point vendredi sur l'état d'urgence déclaré dans la municipalité en date du 4 mai.
Le but était notamment d'annoncer l'ouverture d'un centre d'accueil, à l'aréna de Clarence Creek pour les sinistrés qui en ont besoin. Un deuxième centre d'accueil serait également prévu au centre récréatif de Bourget.
La Croix-Rouge est également sur place pour appuyer les efforts de la municipalité.
« Plusieurs de nos résidents sont dans un mauvais état. Plusieurs pourraient devoir quitter leurs résidences », a fait savoir le maire de Clarence-Rockland, Guy Desjardins. Celui-ci a précisé que malgré l'état d'urgence, qui oblige l'évacuation, les résidents ne seront pas forcés de quitter leur résidence.
« Mais nous recommandons fortement au résident touché d'évaluer si la situation devient plus dangereuse ».
La zone comprise dans l'état d'urgence est tout le secteur riverain, du chemin Canaan au chemin Rollin, le secteur autour du ruisseau Clarence ainsi que le secteur du Lac Cobb.
Le choix de déclarer l'état d'urgence vient des avertissements de pluies plus abondantes que prévu. Il est question d'un maximum de 70 millimètres à recevoir ce week-end qui ferait grimper le niveau d'eau d'environ 25 cm.
« Il y a des endroits où si l'eau monte à ce point, ça pourrait causer d'important problème », a indiqué le maire Guy Desjardins.
Du même coup, la municipalité peut obtenir de l'aide financière entre autres de la province avec le Programme de secours aux sinistrés.
Martin Brunette, Le Droit