Mercredi après-midi, on dénombrait 145 personnes ayant évacué 82 résidences.

Inondations: le maire avertit les citoyens

Les prévisions n'étaient pas erronées. L'eau devait monter entre mardi et mercredi, et elle a monté. Considérablement. Alors que plus de 140 Gatinois ont jusqu'à présent choisi d'évacuer leur résidence, le maire Maxime Pedneaud-Jobin avertit les citoyens de «se préparer pour plusieurs jours».
Mercredi matin, la Ville de Gatineau indiquait avoir dépassé la «cote d'inondation de récurrence 20 ans». Autrement dit, le niveau d'eau surpasse ce qu'on peut s'attendre à voir tous les 20 ans.
Un peu partout, les citoyens attendent avec appréhension les précipitations prévues pour la fin de la semaine. 
Selon Environnement Canada, on pourrait «approcher les 50 millimètres dans quelques endroits».
«De prétendre qu'il n'y aura pas de hausse sur la rivière Gatineau, sur la rivière des Outaouais et sur la Lièvre à la suite de ces précipitations-là, ce serait mentir», a souligné le directeur régional de la Sécurité civile, Gaëtan Lessard.
La Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais prévoit que la pluie causera «des hausses importantes additionnelles des niveaux entre Pembroke et la région de Montréal», ce qui causera des niveaux de pointe «en début de semaine prochaine».
Le maire de Gatineau a lancé un avertissement, mercredi, aux citoyens des zones inondées ou à risque de l'être. 
«Ce qu'on demande aux gens, c'est de se préparer, et de se préparer pour plusieurs jours, parce que non seulement ça va encore continuer à augmenter, mais quand ça va se mettre à baisser, ça va prendre du temps, a-t-il dit. Les gens doivent s'armer de patience.»
Mercredi après-midi, on dénombrait à Gatineau 145 personnes ayant évacué 82 résidences de façon volontaire. Du lot, plus de 80 personnes ont été prises en charge par la Croix-Rouge.
Selon la directrice générale de la Ville, Marie-Hélène Lajoie, il reste encore une quarantaine de chambres d'hôtel à la disposition de la Croix-Rouge pour y accueillir des sinistrés. «Ils sont en train de faire un certain travail de démarchage pour en obtenir d'autres, donc on n'est pas encore au stade où on doit ouvrir un centre d'hébergement», a-t-elle mentionné.
L'alimentation en gaz a été interrompue pour une centaine de résidences, et l'électricité a été coupée dans quelques demeures.
Les sacs de sable continuent d'être convoités. Depuis la première vague d'inondations à la mi-avril, Gatineau en a distribué plus de 120 000. Une ressource qui doit être utilisée seulement pour les besoins réels, a insisté M. Pedneaud-Jobin. 
«Il y a eu certains moments où on fournissait à la demande, mais à peine», a-t-il mentionné.
Pour ce qui est de l'aide requise sur le terrain, le maire affirme que plusieurs personnes souhaitent offrir de leur temps. Mais «on n'en est pas rendu à lancer un appel à la population», affirme M. Pedneaud-Jobin. «On est capable de faire face à la situation pour l'essentiel, dit-il. S'il y a une démarche à faire, c'est d'aider les voisins, que ce soit vraiment une entraide locale, sur le terrain.»
Le maire a aussi réitéré sa demande pour que «les curieux» évitent de se rendre dans les secteurs touchés, «parce que ça met nos opérations à risque».