Hydro-Québec affirme ne pas avoir eu d’impact sur les inondations du printemps dernier.

Inondations: Hydro-Québec ne changera rien

Exception faite de la communication avec le public, Hydro-Québec affirme que rien n’aurait pu être fait de mieux, au printemps dernier, dans la gestion des débits des différents barrages de la région.

Alors que plusieurs critiques visant Hydro-Québec ont été formulées depuis les inondations du printemps dernier, la société d’État a rencontré les médias de la région, jeudi, pour expliquer ce qui est fait chaque année dans le but de prévenir le plus possible les inondations.

Ingénieure en ressources hydriques pour la société d’État, Marie Beaumont a fait savoir qu’au chapitre opérationnel, il n’y a eu aucune leçon à tirer des inondations historiques connues en 2017. « On fait toujours les choses, d’un point de vue technique, de la même manière depuis des années et ça fonctionne très bien, a-t-elle mentionné. Toutefois, peut-être [que] le seul petit bémol c’est au niveau des communications, où on s’est rendu compte que les gens avaient besoin, soif d’information. »

La vidange des réservoirs en prévision des crues s’est faite comme prévu en 2017, comme il se fait encore cette année à cette période-ci, a indiqué Hydro-Québec. « Pour la préparation à la crue de 2018, c’est la même chose, les niveaux vont être au même niveau au début de la crue qu’ils l’étaient du début de 2017, a souligné Hugo Sansoucy, chef stratégie et caractérisation à la société d’État. On ne peut pas les vider plus qu’ils sont vidés, [...] parce qu’on atteint un niveau minimum critique [...] en dessous duquel on ne peut pas se rendre. »

Lorsque la crue est à son apogée, Hydro-Québec doit par ailleurs se garder une « marge de manœuvre » dans le remplissage des réservoirs, afin d’être en mesure de recueillir l’eau qui continue d’arriver. « Quand on est au niveau maximum d’exploitation, il faut laisser sortir l’eau qui rentre dans le réservoir, a expliqué M. Sansoucy. Il faut la laisser passer pour ne pas se retrouver dans des situations où le barrage pourrait céder. »

La société d’État a aussi présenté des graphiques montrant que le couvert de neige était plus élevé en 2016 qu’en 2017 afin de prouver que plusieurs autres facteurs doivent être considérés. Dans le cas des inondations du printemps dernier, ce sont donc les importantes précipitations qui sont surtout en cause. Et ce sont justement les précipitations qui représentent la plus grande « incertitude » dans ce qui peut être prévu, a souligné M. Sansoucy.

Mme Beaumont a expliqué que sans la présence de barrages sur le réseau, le niveau de l’eau aurait été trois mètres plus élevé dans la rivière Gatineau.

Hydro-Québec n’est toutefois pas en mesure de tout contrôler, puisque les infrastructures actuelles ne permettent de régulariser que 40 % de l’apport du bassin de la rivière des Outaouais.

Avec les changements climatiques, y aurait-il lieu d’ajouter des infrastructures pour assurer un plus grand contrôle ? « C’est une bonne question, a répondu Mme Beaumont. Mais il faut comprendre que pour augmenter la régularisation, il faudrait créer de nouveaux réservoirs, et là, [pour] créer de nouveaux réservoirs dans les secteurs de Gatineau et de Hull, [...] on va exproprier les gens ? On va les mettre où, les réservoirs ? Donc ce sont des solutions qui ont déjà été mentionnées, après 1974 et 1976, [...] mais le fait est que ce sont des territoires qui sont habités. »

L’option d’ajouter des infrastructures plus au nord a « déjà » fait l’objet d’études, « mais jusqu’à présent, ça n’a pas prouvé que c’était rentable de le faire, ni efficace », a indiqué Mme Beaumont.

Hugo Sansoucy affirme que la société d’État est fin prête pour la prochaine crue. « On n’est pas plus stressé qu’une autre année, parce qu’on voit bien que l’année 2017 était exceptionnelle, a-t-il dit. On s’attend, avec le couvert de neige, à vivre une crue qui devrait être raisonnable. »