Les niveaux d’eau ont baissé depuis que cette photo a été prise, mais plusieurs sinistrés ont encore besoin d’aide.

Inondations: encore 51 familles sans toit

Une nouvelle phase d’aide financière vient d’être enclenchée par la Croix-Rouge pour les sinistrés des inondations survenues en Outaouais au printemps dernier, au moment où 51 familles sont toujours hébergées par l’organisme dans la région.

C’est donc dire que plus de la moitié des familles qui sont encore sans toit à travers le Québec habitent en Outaouais. 

« Lorsqu’on avait atteint le sommet, il y avait bien au-delà de 200 familles hébergées, et ce, malgré la pénurie de logements qui touche la région. C’est donc dire que pour les trois quarts d’entre eux, la situation est revenue à la normale. Il y a des facteurs d’espoir pour moi dans le programme qu’on annonce aujourd’hui. Par exemple, lorsqu’on a établi la forme d’aide qu’on accorderait aux locataires, ce que j’avais en tête, c’était Gatineau avec la crise du logement. Ce n’est pas un phénomène imaginé, c’est bien réel. Cette portion-là du programme est sortie tout droit de notre expérience des tornades », lance le vice-président de la Croix-Rouge canadienne pour le Québec, Pascal Mathieu. 

Au total, en date de lundi dernier, la Croix-Rouge hébergeait 94 ménages d’un bout à l’autre de la province. 

Selon les nouvelles mesures annoncées pour épauler les sinistrés, les propriétaires dont la résidence a subi des dommages importants pourraient obtenir une somme maximale de 1200 $ pour les besoins essentiels, les matériaux de construction et le remplacement de mobilier, tandis que les locataires qui sont dans une situation semblable auront droit au même montant à titre d’aide au relogement, question de combler l’écart de loyer entre l’ancien et le nouveau logis. 

La Croix-Rouge offrira également à toute personne admissible jusqu’à 750 $ pour du soutien professionnel en santé mentale. 

« On vit deux situations de crise. D’un côté, beaucoup de citoyens sont en train de rénover pour une deuxième fois en deux ans, alors on peut imaginer leur état d’esprit. De l’autre, il y a des centaines de familles à travers la province qui apprennent qu’ils vont devoir quitter leur maison, et dans le lot, il y en a beaucoup que ça les jette en pleine détresse. Je pense aux couples de personnes âgées qui ont passé leur vie à un endroit, qui y ont élevé leurs enfants », de dire M. Mathieu. 

Une aide financière maximale de 700 $ pourra aussi être obtenue pour de l’aide humanitaire exceptionnelle. 

Depuis ces inondations d’une ampleur sans précédent, la section québécoise de la Croix-Rouge canadienne a amassé un peu plus de 6,5 millions $ en dons. 

Jusqu’à présent, à l’échelle provinciale, 5179 familles ont bénéficié d’une aide financière directe et 1788 personnes ont été aidées pour de l’hébergement et de l’alimentation. 

De plus, près de 9000 appels entrants ont été traités en l’espace de moins de trois mois. 

Pour déterminer leur admissibilité au nouveau programme, les sinistrés sont invités à contacter la Croix-Rouge au 1-800-863-6582. 

On procédera alors à une évaluation de leurs besoins, en personne ou par téléphone. 

Coup de pouce aux organismes

La Croix-Rouge a également annoncé un soutien aux organismes communautaires affectés par les inondations. 

Cette aide, dit-on, permettra de soutenir des projets visant à aider les communautés dans leur rétablissement et les organismes à réorganiser leurs activités. 

« C’est quelque chose qu’on fait assez régulièrement. Ça fait des mois qu’on travaille avec des organismes qui nous ont rendu de fiers services. Le but, c’est de leur donner de l’argent pour leur permettre de continuer, voire augmenter leurs services. Par exemple, après le passage de la tornade à Gatineau, on avait aidé la Maison communautaire Daniel-Johnson et les Œuvres Isidore Ostiguy. Cette fois, ce n’est pas le même territoire qui est touché, mais on peut imaginer que des organismes équivalents pourraient être financés », précise M. Mathieu. 

Ce dernier rappelle qu’un comité consultatif composé entre autres de la Ville de Gatineau, de la MRC de Pontiac et des ministères de la Sécurité publique ainsi que de la Santé et des Services sociaux a participé à l’élaboration de ce programme d’aide financière. 

« On leur a demandé ce qui était le plus urgent », souligne-t-il. 

Il est très ardu de prédire à quel moment la Croix-Rouge n’hébergera plus de sinistrés dans la région, selon M. Mathieu. 

« C’est trop difficile à dire, surtout en Outaouais. Il y a des choses hors de ma portée, par exemple la disponibilité des appartements, la capacité de payer des gens aidés, etc. Et quand bien même qu’on trouverait un logement, personne ne signera un bail qu’il n’a aucune chance de payer. On héberge aussi des propriétaires, plusieurs d’entre eux sont en mode rénovation. En supposant que les dates prévues soient respectées, un certain nombre d’entre eux savent quand ils reviendront [à la maison] », dit-il. 

Rappelons qu’à titre d’exemple, on comptait 2084 sinistrés des inondations sur le territoire de Gatineau.