Les Gatinois devraient avoir une bien meilleure idée de comment leur ville a fait face au désastre du printemps 2017.

Inondations 2017: une fenêtre ouverte sur la gestion de la crise

Il y a un an, les Gatinois s’apprêtaient à vivre la plus importante crue printanière de leur histoire. Bien des choses se sont passées depuis la première montée des eaux, à la mi-avril 2017. D’abord beaucoup d’entraide, ensuite bien du désespoir. Toutes les organisations publiques liées de près ou de loin aux inondations ont convenu que la gestion de l’après-crise doit être remarquablement améliorée. Mais pour la première fois, mardi, une fenêtre s’ouvrira sur la crise elle-même.

Si les élus et l’administration tiennent parole, les Gatinois auront une bien meilleure idée de comment leur ville, de l’intérieur, a fait face au désastre qui leur tombait dessus. Quel a été le résultat des mauvaises décisions prises sur le terrain ? Quels sont les coups de génie survenus au coeur du tumulte ?

Les Gatinois sont venus à dix centimètres de perdre l’usine d’épuration des eaux usées qui dessert tout l’est de la ville. Ce fait a été divulgué plus tard, quand le calme est revenu. Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a admis que sa ville était passée tout près d’une catastrophe environnementale et de santé publique. Combien de catastrophes, petites ou grandes, ont-elles aussi été évitées ? 

L’armée

Le maire de Gatineau a maintenu jusqu’à la toute dernière minute que les services municipaux arrivaient à contrôler la situation. Alors que la pression se faisait de plus en plus forte depuis quelques jours pour qu’il demande l’aide de l’Armée canadienne, c’est finalement le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, qui a pris la décision de contacter le gouvernement fédéral, le 5 mai, pour demander l’assistance des militaires. Les LAV III du 12e Régiment blindé des Forces armées canadiennes débarquaient à Gatineau quelques heures plus tard. M. Pedneaud-Jobin aurait-il dû faire cette demande plus vite ? Il a toujours dit qu’un retour sur cette question allait être fait plus tard, au moment du bilan des opérations.

Les sacs de sable

La décision de retirer les premières digues qui avaient été construites pour faire face à la première montée des eaux, à la mi-avril, a été dénoncée par plusieurs. Des avertissements auraient été faits en hauts lieux par des citoyens et des employés de la Ville d’attendre un peu avant de retirer l’enrochement sur le chemin du Fer-à-Cheval, mais les directives ont été autres, assure le conseiller de Masson-Angers, Marc Carrière. Si la Ville n’avait pas retiré le rehaussement mis en place sur le chemin du Fer-à-Cheval, est-ce que ce secteur aurait pu mieux réagir lors de la crue historique des premiers jours de mai ?

Les bénévoles

En plus d’une crue record à gérer, la Ville a aussi eu à faire face à une vague de sympathie et d’entraide hors du commun venant de la population. Les autorités ont même semblé parfois prises un peu de court devant tout ce monde prêt à aider. Aurait-elle pu mieux canaliser cette force bénévole ?  

Les communications

En situation de crise, la fluidité des communications internes entre les principaux intervenants peut décider de l’échec ou du succès d’une opération. Gatineau a beaucoup communiqué avec sa population pendant les événements. L’a-t-elle fait suffisamment avant, quand les premiers drapeaux se sont levés ? Ses relations médias ont-elles bien servi l’intérêt public dans le contexte d’une crise ? Les communications entre le maire, l’administration, et le reste du conseil ont-elles été efficaces ? 

Toutes ces réponses attendues depuis presque un an, les Gatinois devraient pouvoir les obtenir mardi. 

Le ministre des Transports du Québec doit faire le point, lundi, sur les événements qui ont mené à l’inondation de l’autoroute 50 le printemps dernier.

INONDATION DE LA 50 : DES RÉPONSES LUNDI

Le ministre des Transports du Québec (MTQ), André Fortin, doit faire le point, lundi, sur les événements qui ont mené à l’inondation d’une partie névralgique de l’autoroute 50 au plus fort des inondations, le printemps dernier. 

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a fait savoir, en décembre dernier, que la direction régionale du MTQ avait été avisée par la Ville de Gatineau, 48 heures à l’avance, du risque imminent de voir un tronçon complet de la 50 être submergé. 

Le MTQ n’a cependant pas réagi et la Ville de Gatineau a été coupée en deux pendant 48 heures. 

Le ministre Fortin a récemment rencontré le maire Pedneaud-Jobin, ainsi que la haute direction du MTQ en Outaouais pour faire la lumière dans cette affaire. 

Son cabinet confirme qu’il doit livrer les conclusions de son analyse, lundi, lors d’une annonce régionale.