L’administration municipale se livrera, mardi, à un exercice public assez rare. Elle doit laisser les Gatinois mettre le nez dans le fin détail des opérations de « tous ses niveaux de gestion » lors de l’inondation du printemps dernier.

Inondations 2017: «On ne mérite pas de félicitations pour Masson-Angers»

La gestion de la crise lors des inondations faite par la Ville de Gatineau a été saluée devant les caméras par bien des personnalités. Du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, à celui du Québec, Philippe Couillard, en passant par le gouverneur général, David Johnston, et les hauts gradés de l’Armée canadienne déployés sur le terrain, tous n’avaient que des bons mots pour Gatineau.

À travers ces discours positifs, celui du conseiller de Masson-Angers, Marc Carrière, détonne. Il a été l’un des élus les plus critiques du travail du maire et des services municipaux pendant la crise. Il l’est encore aujourd’hui, un an plus tard. « Tant et si longtemps que le bilan n’aura pas été fait comme il se doit, je ne lâcherai pas le morceau, lance-t-il. C’est une question de respect pour les gens que je représente. Je vais aller jusqu’au bout. »

M. Carrière affirme que la crue printanière n’a pas touché Gatineau de la même façon selon les secteurs. Alors qu’on pouvait se déplacer en kayak dans les rues inondées de Pointe-Gatineau, « il fallait un bateau avec un bon moteur pour faire face au courant et aux vents sur le chemin du Fer-à-Cheval, on était carrément dans la rivière », rappelle-t-il. Selon lui, Gatineau n’a pas réussi à s’adapter aux différentes réalités sur le terrain. 

« On méritait peut-être des félicitations pour notre intervention dans Pointe-Gatineau, mais certainement pas dans l’est, avance-t-il. La Ville n’était pas équipée pour bien venir en aide aux gens de Masson-Angers, pas avec le plan d’urgence qu’elle avait. On sait maintenant que ça prend du matériel plus lourd pour intervenir si ça inonde encore dans le Fer-à-Cheval. Il faut que ce soit mentionné dans le bilan. Il faut prendre conscience qu’on ne peut pas avoir un plan d’urgence uniforme pour tout le territoire. »

M. Carrière souhaite aussi que ce bilan soit l’occasion de faire la lumière sur la directive de l’administration de retirer l’enrochement du chemin du Fer-à-Cheval entre les deux crues alors que, selon lui, des citoyens et des employés de la Ville recommandaient vivement de le conserver. « Un contremaître des travaux publics m’a clairement dit que la directive venue d’en haut était de tout retirer pour éviter que le matériel soit volé par des entrepreneurs, affirme M. Carrière. Il faut expliquer aux gens de Masson-Angers ce qui s’est réellement passé. »

TOUT SERA PUBLIC, ASSURE LE CABINET DU MAIRE

L’administration municipale se livrera, mardi, à un exercice public assez rare. Elle doit laisser les Gatinois mettre le nez dans le fin détail des opérations de « tous ses niveaux de gestion » lors de l’inondation du printemps dernier. 

Il s’agissait d’ailleurs d’une promesse lancée au plus fort de la crise par le maire Maxime Pedneaud-Jobin. 

L’analyse qui sera présentée mardi a été confiée à une firme indépendante. Le service des communications précise qu’aucune résolution n’apparaît aux procès-verbaux du conseil municipal ou du comité exécutif concernant ce mandat puisqu’il s’agit d’un contrat de moins de 25 000 $. 

Les exigences de la Ville pour définir cet exercice qui ont été obtenues par Le Droit se résument à « une analyse indépendante externe concernant l’encadrement et la gestion des événements relatifs aux deux périodes d’inondation pour tous les niveaux de gestion [politique, stratégique, opérationnel] en situation d’exception ». 

Le directeur des communications de la Ville de Gatineau, Jean Boileau, a indiqué au Droit ne pas être en mesure de préciser si la totalité des éléments de l’analyse sera divulguée publiquement mardi. 

L’attachée de presse du maire, Laurence Gillot, a pour sa part confirmé que tous les éléments contenus dans l’analyse allaient être divulgués en public.