Des victimes des refoulements d’égouts ont partagé des informations sur les recours possibles contre la Ville de Gatineau, dimanche soir.

Inondations : à bout de patience avec la Ville

Exaspérés par les refoulements d’égouts dans leur maison lors de pluies abondantes, des Gatinois se mobilisent et songent à traîner la Ville devant les tribunaux.

Comme beaucoup de citoyens, Samuel Roy, un résident du boulevard Lorrain, au nord de l’autoroute 50, en a marre de voir l’eau des égouts remonter la tuyauterie de sa maison et inonder sa demeure.

« Ça sort par la toilette, par la douche. De l’eau brune. C’est dégueulasse », a laissé tomber le jeune père de famille en entrevue.

C’était la troisième fois que sa résidence était inondée en trois ans, dont deux fois en neuf mois. Il n’a plus de couverture de son assureur. Les dégâts l’obligent à débourser des dizaines de milliers de dollars pour la déconstruction, le nettoyage et la reconstruction.

Gabriel Mercier et Samuel Roy

Des réseaux d’égouts trop petits pour le nombre de résidences ainsi que des fossés et des bassins qui débordent sont notamment à blâmer, indiquent les sinistrés.

Le dernier épisode d’inondation survenu à la suite des pluies torrentielles du 25 juillet a été la goutte qui a fait déborder le vase.

M. Roy a donc décidé « au beau milieu des pompes, des Shop-Vac et des déchets » la semaine dernière de créer une page Facebook pour rejoindre d’autres citoyens affectés par les refoulements d’égouts. Une trentaine de sinistrés qui ont vu la page « Victimes de refoulement d’égout – district de Bellevue – Gatineau » se sont réunis chez lui dimanche soir pour discuter de la situation et des démarches à entreprendre.

La rue Chambord

« Nous avons fait des plaintes officielles à la Ville, mais on nous dit que c’est le genre de pluie qui arrive une fois aux cinquante ans et qu’ils ne sont pas responsables, mais là ce n’est plus vrai. Les cinquante ans sont courts », a ironisé M. Roy, qui a communiqué avec un avocat pour obtenir des conseils.

« On veut qu’il se passe quelque chose. En théorie, si je me fie aux informations que j’ai, il faut que la Ville procède à de l’excavation et grossisse les tuyaux. C’est pour ça que la Ville patine chaque fois et cherche à en dire le moins parce que c’est une grosse job, une très grosse job », a expliqué M. Roy.

La première étape pour le regroupement sera d’envoyer très rapidement des avis de réclamation à la Ville de Gatineau.

Une citoyenne de la rue Davidson Est qui était à l’assemblée convoquée par M. Roy a elle aussi été inondée lors des précipitations d’octobre 2017 et de juillet 2018. Sa maison n’est plus assurable pour ce type d’événement à la suite de l’inondation d’octobre 2017, et les coûts qu’elle doit débourser s’élèvent dans les dizaines de milliers de dollars.

« J’aimerais que la Ville rectifie le problème. Gatineau veut se montrer belle à l’extérieur, mais nous ici dans la ville nous voulons de belles maisons. On perd la valeur de nos maisons. On ne peut même pas vendre nos propriétés, elles ne sont pas assurables », a déploré la résidente de la rue Davidson Est, qui a préféré ne pas donner son nom.

Une autre sinistrée qui vit seule est elle aussi inquiète.

« Je dois prendre des journées de congé pour m’occuper des dégâts. Ça cause du stress, et en plus j’ai des problèmes de santé », a-t-elle raconté.

« S’il m’arrive quelque chose, est-ce que je perds ma maison parce que la Ville n’a pas fait ses devoirs ? », a-t-elle dit craindre, inquiète aussi d’être incapable de vendre sa propriété.

Le Droit a demandé une réaction aux autorités municipales concernant la mobilisation citoyenne, dimanche, mais la requête est demeurée sans réponse.