Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Infrastructures: «Ce n'est pas une déconnexion du conseil»

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin rejette du revers de la main l'analyse faite par le président du conseil municipal, Daniel Champagne, voulant que les élus se sont détournés des priorités des Gatinois au cours du présent mandat parce l'administration continue d'accumuler les retards dans la réalisation des travaux d'infrastructures.
Le Droit révélait, dans son édition de mercredi, que pour une deuxième année de suite, seulement la moitié des projets d'entretien des infrastructures inscrits au calendrier de 2017 allaient être réalisé dans l'année en cours. La situation a fait dire à M. Champagne que le conseil aurait avantage à se recentrer sur les priorités des citoyens en mettant plus d'efforts à livrer les travaux d'infrastructures. 
«Le président du conseil dit ce qu'il dit, a lancé le maire Pedneaud-Jobin, mercredi matin. Mais il n'y a personne au conseil qui dit qu'il ne faut pas investir massivement dans les infrastructures. On a eu le courage politique de maintenir une taxe dédiée aux infrastructures. Ce n'est pas une déconnexion du conseil. Nous avons des résultats parce que nous investissons massivement.»
Le président du comité exécutif, Gilles Carpentier, s'est pour sa part dit surpris d'apprendre qu'il y avait un enjeu de ressources humaines au service des infrastructures. 
Selon nos informations, une vingtaine de postes ne sont actuellement pas comblés dans ce service. «J'ai demandé au directeur du service des infrastructures de nous revenir avec un diagnostic de la situation, a-t-il indiqué. Je veux aussi avoir une meilleure appréciation de la capacité de réalisation des services par rapport à la programmation des travaux qu'on nous présente. De cette manière, si on voit qu'il y a un écart, le conseil pourra accompagner l'administration afin de trouver les outils nécessaires pour régler la situation.»
M. Carpentier a aussi lancé une pointe à peine voilée à sa collègue et candidate à la mairie, Sylvie Goneau, qui a récemment mis beaucoup d'efforts à convaincre le conseil de s'engager dans un projet présenté comme du développement économique au Burkina Faso. 
Selon lui, le conseil s'est égaré dans des dossiers qui n'étaient pas pertinents au cours des derniers mois. 
«Je suis souvent surpris quand on amène des dossiers à la dernière minute, des dossiers qui prennent un temps énorme pour finalement se rendre compte que ça n'avait pas d'affaire là et qu'on vient de perdre beaucoup de temps, a-t-il affirmé. Je vais donner l'exemple du Burkina Faso.»
Le conseiller Maxime Tremblay est d'avis que le conseil doit sans attendre accompagner l'administration afin de régler l'enjeu du manque de ressources humaines aux infrastructures. 
«Il faut comme employeur être attirant et ça nous prend un plan de match établi sur plusieurs années pour être en mesure de combler les besoins en ressources humaines quand ils surviennent.»