La congestion des derniers jours sur le réseau routier outaouais, principalement dû à de nombreuses chutes de neige, a encore une fois provoqué l’ire des nombreux automobilistes.

Il faut miser sur le transport en commun, insiste Pedneaud-Jobin

Que les études du ministère des Transports du Québec (MTQ) qui se sont étendues sur plusieurs années pour améliorer la fluidité des autoroutes 5 et 50 n’aboutissent à rien de concret n’est pas une surprise pour le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, qui y voit là une preuve supplémentaire de la pertinence de concentrer les investissements majeurs dans les infrastructures de transport en commun.

M. Pedneaud-Jobin se garde de porter un jugement sur la décision du MTQ de mettre sur les tablettes toutes les recommandations qui lui ont été faites pour alléger la congestion sur le réseau autoroutier de Gatineau. Il affirme ne pas avoir toutes les informations en main pour le faire. « Ce qui est clair, cependant, c’est que partout dans le monde, les investissements dans le réseau routier pur ne donnent aucun résultat significatif à moyen terme, dit-il. Prenez le boulevard des Allumettières. Il était déjà congestionné cinq ans après son ouverture. Les vraies solutions à la congestion sont dans le transport en commun. »

Le maire de Gatineau ne ferme pas pour autant les yeux sur les problèmes de congestion qui, dans une certaine mesure, minent les échanges commerciaux sur son territoire et la qualité de vie des citoyens de sa ville. « Je sais qu’il y a un problème de circulation à Gatineau, dit-il. La mobilité est un enjeu majeur et on s’y attaque de manière intense et assez raide depuis cinq ans. »

Si peu de solutions sont proposées aux automobilistes, les transports en commun et en transport actifs font en revanche l’objet d’investissements massifs, note-t-il. « On ajoute quatre millions de dollars par année pour améliorer notre service de transport en commun, dit-il. On va prolonger le Rapibus entre Labrosse et Lorrain. Le plus gros dossier qu’on a présentement c’est celui du train léger dans l’ouest. On n’a jamais eu un plan aussi ambitieux en transport actif qu’avec notre plan vélo. On a fait des investissements qui donnent des résultats. On le voit dans le taux d’achalandage du Rapibus. » De fait, le bilan des cinq ans du lien rapide stipule que ce système a permis de retirer 10 000 déplacements en auto, par année, du réseau routier.

En attente d’une réponse du MTQ

La Ville de Gatineau est toujours dans l’attente d’un échéancier précis pour l’élargissement du pont Alonzo-Wright. Un horizon de cinq à sept ans circule actuellement. « Si on nous dit formellement que c’est entre cinq et sept ans, on va certainement exprimer notre désaccord, a averti le maire Pedneaud-Jobin. Il y a moyen de faire plus rapidement. On veut des échanges avec le ministère pour clarifier ça. »

Gatineau s’attend aussi à des réponses du MTQ quant à la liste de projets routiers et de transport jugés prioritaires et votés unanimement par le conseil municipal, mardi soir. « Il y en a beaucoup, mais Gatineau est une grande ville, rappelle le maire. Je m’attends à des suites. On écrit au ministre, on précise nos priorités, et on s’attend à des réponses. »