Les pompiers tentent de convaincre les citoyens d'évacuer leurs maisons.

«Il faut évacuer le plus de gens possible»

Les pompiers grimpaient à bord de chaloupes, mercredi, dans Pointe-Gatineau, pour aller tâter le pouls des citoyens qui se trouvaient encore dans les maisons entourées par plusieurs pieds d'eau. Leur but: convaincre les résidents d'évacuer avant que la situation ne s'empire.
«On est en train de sensibiliser les gens qu'il faut évacuer, parce que là, plus ils tardent, plus l'évacuation va être longue et plus ça va devenir difficile, a souligné le chef aux opérations au Service de sécurité incendie, Gilles Cardinal . [...] Il y en a qui tiennent à tout prix à rester chez eux, il y en a d'autres qui sont plus réceptifs. On ne peut pas les forcer, mais c'est le plan de la journée, évacuer le plus de gens possible.»
Au coin des rues Saint-Louis et Moreau, la conseillère de Pointe-Gatineau, Myriam Nadeau, aidait des citoyens à remplir des sacs de sable.
«C'est hallucinant, a-t-elle dit. [Mardi], j'ai fini ma ronde sur Jacques-Cartier vers 20h, au 1203. il y avait de l'eau sur la piste cyclable et ça ne recouvrait pas encore la chaussée. [Mercredi] matin, cette propriété a de l'eau devant son terrain. Ça a traversé toute la rue, donc ça monte vite. On se prépare autant qu'on peut.»
«Ce que j'entends, c'est que ça commence à ressembler à 1974, qu'on n'est pas encore là, mais que ça s'y apparente de plus en plus », a ajouté Mme Nadeau.
Dans le secteur est du boulevard Hurtubise, la colère était palpable chez certains citoyens, qui auraient aimé pouvoir sortir du quartier par la rue Campeau. 
Les résidents équipés d'une camionnette suffisamment haute devaient toutefois se résigner à s'arrêter à la barrière érigée par les policiers sur la rue Campeau, près de Notre-Dame, puisqu'ils ne pouvaient plus revenir s'ils franchissaient cette limite.
«Je comprends tout ça, mais on ne peut pas passer», répétait en matinée le conseiller de Rivière-Blanche, Jean Lessard, aux citoyens qui l'interpellaient dans l'espoir d'obtenir le droit de rentrer avec leur véhicule dans la zone inondée.
«Les gens sont très frustrés. Il n'y a plus de navettes, le chemin est fermé, a indiqué M. Lessard. [Mardi], on pouvait passer, mais la situation se détériore d'heure en heure.»