Jocelyn Blondin, à droite, est un des conseillers qui dénoncent l’utilisation du huis clos dans le dossier du futur aréna Guertin. Les autres élus qui trouvent l’utilisation abusive sont Marc Carrière et Louise Boudrias.

Huis clos sur Guertin dénoncé

Un peu comme le redoux en février, le débat sur l’utilisation des huis clos est un classique qui ne se démode pas à la table du conseil municipal de Gatineau. Le comité plénier de mardi en a été de nouveau le théâtre.

Selon nos informations, les élus, une fois la séance publique terminée, se sont penchés, sur le dossier du futur aréna Guertin. Se gardant bien de préciser de quel sujet il allait être question derrière les portes closes, les conseillers Jocelyn Blondin, Marc Carrière et Louise Boudrias ont tous dénoncé ce qu’ils jugent être une utilisation abusive du huis clos.

En janvier dernier, Le Droit a révélé que la Ville de Gatineau a perdu la garantie dont elle bénéficiait sur le prix du futur complexe de quatre glaces. Le protocole d’entente signé avec Vision multisports Outaouais prévoyait un prix maximum de 79 millions $ (en excluant le stationnement) garanti jusqu’au 31 octobre 2017. L’obtention du certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement du Québec a toutefois eu lieu en janvier dernier, trois mois après la date limite prévue au protocole pour la garantie du prix de l’infrastructure.

« J’ai traversé le document d’un bout à l’autre et je considère que c’est de l’information que la population est en droit d’avoir, a indiqué M. Blondin sans jamais préciser de quoi il était réellement question. Je ne vois aucunement la raison du huis clos, c’est une discussion que nous devrions avoir en public. Ça vient me limiter dans ma façon de pouvoir m’exprimer sur ce sujet parce qu’il est traité à huis clos. »

Transparence ou télé-réalité
Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a rejeté ces doléances du revers de la main. Selon lui, la tenue d’un huis clos était tout à fait pertinente. « C’est un suivi de dossier qui relève du comité exécutif, a-t-il insisté. Si on se fait blâmer de vouloir trop parler au conseil et de vouloir faire des rencontres de travail, alors on n’en fera plus et on gardera ça à l’exécutif et tout le monde aura perdu. »

Ces propos du maire prononcés devant les journalistes ont particulièrement irrité la conseillère Louise Boudrias. « Mon rôle comme élue est aussi d’être informée de l’avancement des dossiers, dit-elle. C’est inconcevable pour un maire de dire des choses comme ça. J’ai tout à fait le droit de me positionner sur la pertinence d’un huis clos sans être menacée de ne plus avoir d’information. Ça n’a aucun bon sens ce qui se passe présentement. »

Pour le maire Pedneaud-Jobin, il en va surtout de ce qu’il appelle la « saine transparence ». Selon lui, les élus doivent avoir un espace où ils peuvent discuter, débattre et se poser des questions à l’abri du regard des médias et de la population.

« La transparence ce n’est pas de la télé-réalité, a-t-il répété. Quand on arrive à l’étape de prise de décision, c’est là que ça doit être public et que les citoyens peuvent voir l’ensemble des enjeux. Sinon, mettez une caméra dans mon bureau et regardez ce que je fais tous les jours. »