Des travaux de remblaiement ont été effectués par des cols bleus gatinois.

Heures supplémentaires à Gatineau: les cols bleus sont des habitués

Dans les pires moments des dernières inondations, il n’était pas rare pour les cols bleus de la Ville de Gatineau de se taper des journées de 10 ou 12 heures, parfois pendant plus de 10 jours consécutifs. Ça finit par faire du monde fatigué et des dépenses importantes pour la Ville, souligne le président du syndicat des cols bleus, Denis Savard.

L’année dernière, marquée par la tornade du 21 septembre, près de 3 millions $ ont été dépensés pour payer des heures supplémentaires aux cols bleus. 

En 2017, la facture en heures supplémentaires pour les mêmes employés a atteint 3,4 millions $, dont 685 000 $ uniquement pour les inondations d’avril et de mai. La crue printanière de cette année s’annonce encore plus coûteuse.

« Les gens ne l’ont pas fait pour l’argent, insiste M. Savard. Bien du monde s’en serait passé chez nous après l’hiver qu’on vient de passer. C’était avant tout pour aider les citoyens. Il y avait urgence. Tout le monde s’est investi. »

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin est du même avis. 

« Ç’a commencé pendant le congé de Pâques, rappelle-t-il. Les gens s’en allaient en vacances. Nos employés n’étaient pas là pour faire des heures supplémentaires, ils y étaient pour aider Gatineau. Il n’y a eu aucun incident avec les syndicats. Tout le monde était à son poste. Je suis vraiment fier de leur réaction. »

Les travaux sur le boulevard St-Joseph sont toujours en cours.

Le poids de la neige

Il n’y a cependant pas que les catastrophes qui font grimper la facture d’heures supplémentaires des cols bleus. Le déneigement pèse lourd dans la balance, note M. Savard. 

« Cet hiver, avec le déneigement, il y a eu beaucoup d’heures supplémentaires. À la fin, les gens étaient vraiment fatigués. On a eu quelques semaines un peu plus tranquilles et tout de suite on est reparti dans les inondations. La situation était assez sérieuse pour que l’employeur rappelle la consigne de renvoyer à la maison un employé qui semblerait trop fatigué. »

Des changements dans la gestion des opérations de déneigement pourraient permettre à la Ville de Gatineau d’améliorer son sort comme employeur, croit M. Savard. 

« C’est clair que dans notre cas, le recours aux heures supplémentaires est une façon de ne pas embaucher plus d’employés, dit-il. C’est inévitable qu’il y aura toujours plus d’heures à payer avec cette façon de faire. Plus la ville grossit, plus la facture d’heures supplémentaires augmentera. »

Le président des cols bleus précise que la Ville de Gatineau n’a pratiquement pas ajouté de cols bleus sur le terrain depuis la fusion municipale. 

L’employeur a consenti à convertir 45 postes temporaires en postes temps plein lors de la dernière convention collective, mais cela n’a pas vraiment eu d’effet, note M. Savard. 

« Ce sont des employés qui étaient déjà sur le terrain à temps plein, ça n’a rien changé », dit-il.

100 cols bleus de plus
Un nouveau cycle de négociation vient de s’enclencher entre la Ville et ses cols bleus. 

Ces derniers sont sans contrat de travail depuis le 31 décembre dernier. 

Les dernières négociations s’étaient étirées pendant près de trois ans. 

Cette fois, le syndicat demandera la création de 100 postes afin, entre autres, de mettre fin au déséquilibre qui existe, dit-il, entre les quarts de jour et les quarts de nuit.

Actuellement, précise M. Savard, les équipes de nuit sont réduites environ du tiers. 

Cette façon de fonctionner est propice à l’utilisation d’heures supplémentaires quand les choses se corsent, dit-il. 

La Ville pourrait pour sa part être tentée de demander l’ajout de quarts de travail la fin de semaine afin d’avoir des équipes régulières en poste sept jours sur sept.