De 2012 à 2018, le tiers des dépenses en heures supplémentaires est allé au SPVG.

Heures supplémentaires à Gatineau: des grands besoins en services policiers

Année après année, depuis 2012, les policiers sont les plus grands consommateurs d’heures supplémentaires à Gatineau, si bien que le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) vient d’entamer un «exercice de modernisation» qui, à terme, pourrait faire la démonstration de la nécessité d’augmenter les effectifs policiers.

«Il faut se remettre en question pour voir si on peut faire les choses différemment, pour tenter de récupérer du temps, mais des heures supplémentaires dans le domaine policier, il va toujours y en avoir, précise le directeur du SPVG, Luc Beaudoin. Avec ce type d’exercice, on va voir si on fait les bonnes choses. Ensuite, on sera en mesure de déterminer si on a besoin de plus d’effectifs.»

En moyenne depuis 2012, le SPVG paie à ses policiers plus de 2,8 millions $ en heures supplémentaires par année. 

Cela représente environ le tiers de toutes les dépenses en heures supplémentaires octroyées à des employés de la ville depuis les sept dernières années. Les inondations de 2017 et la tornade de 2018 ont évidemment fait grimper la facture et tout indique que l’actuelle crue printanière aura le même effet.

«On vit présentement des situations exceptionnelles, note le chef du SPVG. J’ai plusieurs policiers sur le terrain qui s’occupent, par exemple, des points de blocage pour interdire la circulation dans certains secteurs inondés. Ce sont des choses inévitables qu’on ne peut pas prévoir à l’intérieur de nos effectifs réguliers.»

Le président de la Fraternité des policiers de Gatineau, Jean-Pierre Bussière, soutient que c’est toujours «en dernier recours» que des heures supplémentaires sont attribuées. 

Il est aussi d’avis que le SPVG ne peut pas embaucher des dizaines de policiers supplémentaires uniquement pour être en mesure de faire face à des situations exceptionnelles. 

Il ajoute toutefois que la ville de Gatineau continue de croître et que les inondations, les tornades et les événements climatiques graves sont des réalités qui méritent d’être analysées dans leur contexte.

Le chef Beaudoin reconnaît lui aussi que la ville de Gatineau continue de grossir, mais il précise que le nombre d’appels pour une assistance policière demeure sensiblement le même au fil des ans. 

«Il faut cependant regarder la complexité du travail policier, note-t-il. C’est un travail qui devient de plus en plus complexe. Les tribunaux ont beaucoup d’exigences et ça demande parfois beaucoup de temps. Ce sont toutes des choses que nous devrons analyser au cours de notre exercice de modernisation.»