Heures d’ouverture des bars à Hull: un projet pilote de neuf mois

Les élus gatinois ont fait preuve d’un biais positif, mardi, devant la possibilité de lancer un projet pilote sur la prolongation des heures d’ouverture des bars du secteur Hull. Le projet-pilote sur lequel les conseillers seront appelés à voter en mai prochain prévoit que l’heure de fermeture des débits de boisson passerait à 3 h dès le 17 mai prochain, et ce jusqu’au 20 février 2020.

À moins d’un changement, la Ville s’accorderait ensuite une pause afin de faire l’analyse des neuf mois sous la nouvelle réglementation. Ce n’est qu’ensuite que le conseil déterminera s’il souhaite procéder à un changement permanent ou pas. 

La consultation publique en ligne réalisée par la Ville de Gatineau entre décembre et janvier derniers a démontré que 61 % des répondants sont favorables à prolonger l’heure d’ouverture des bars. Plus de 3200 répondants ont répondu au questionnaire. Le sondage a aussi démontré que l’enjeu de la sécurité demeure au cœur des préoccupations des citoyens, qu’ils soient favorables ou défavorables. 

Afin de s’assurer du bon déroulement des choses pendant le projet-pilote, la présence policière dans le centre-ville pourrait être intensifiée dès le début, si le besoin s’en fait sentir. Une somme de 100 000 $ sera allouée à cette fin au Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG). 

La présentation du projet faite aux élus, en comité plénier, démontre que six interventions policières sur dix concernant des bars à Gatineau ont lieu sur le territoire de Hull. 

Toutefois, seulement le tiers de ces interventions se déroulent dans le centre-ville, et ce même s’il s’agit du secteur où se trouve la plus grande concentration de débits de boisson. 

« Je ne veux pas présumer que ça va bien aller ou que ça va mal aller, a indiqué le conseiller du quartier, Cédric Tessier. On fait un projet-pilote pour essayer quelque chose. On annonce que cette mesure-là est pour une période déterminée et c’est important, notamment à la lecture de la consultation publique. C’est sûr que s’il y a une grande augmentation des interventions policières et des actes criminels ce sera un indicateur que ça ne se sera pas bien passé. »

Le propriétaire du bar le Troquet et porte-parole des tenanciers dans ce dossier, Éric Gaudreault, affirme qu’un projet pilote d’un an pendant lequel on fait l’analyse de la situation aurait été préférable, mais il ajoute ne pas avoir de problème avec la formule proposée par la Ville. « Si c’est pour rassurer les citoyens, tant mieux », dit-il. 

Seul le conseiller Jocelyn Blondin s’est pour l’instant clairement prononcé contre le prolongement des heures d’ouverture des bars. Selon lui, la possibilité de revivre les années 1980 et 1990 dans le centre-ville est suffisamment grande pour s’opposer à un changement de réglementation.