Étant donné le flou entourant le projet de modulaires pour le centre d’hébergement d’urgence pour itinérants au Centre Robert-Guertin, l’organisme gatinois Itinérance Zéro a décidé de prendre les choses en main.
Étant donné le flou entourant le projet de modulaires pour le centre d’hébergement d’urgence pour itinérants au Centre Robert-Guertin, l’organisme gatinois Itinérance Zéro a décidé de prendre les choses en main.

Hébergement d’urgence pour itinérants à Gatineau: Itinérance Zéro prend les choses en main

Jean-Simon Milette
Jean-Simon Milette
Le Droit
Étant donné le flou entourant le projet de modulaires pour le centre d’hébergement d’urgence pour itinérants au Centre Robert-Guertin, l’organisme gatinois Itinérance Zéro a décidé de prendre les choses en main.

L’organisme Itinérance Zéro a confirmé au Droit samedi qu’il travaillait sur un projet qui permettrait aux itinérants, qui ne peuvent pas trouver refuge au Centre Robert-Guertin, de se trouver un abri temporaire alors que l’hiver arrive à grands pas.

L’entreprise Locations Bouladier offre quatre roulottes de construction à Itinérance Zéro afin d’abriter des sans-abri durant la saison hivernale.

L’organisme précise que les roulottes seront installées dans le stationnement du «Vieux-Bob» d’ici deux semaines.

« Le but, c’est de trouver un endroit rapidement pour ceux qui se font revirer de bord à Guertin parce qu’il n’y a plus de place », explique le directeur général d’Itinérance Zéro, Benoît Leblanc. « Que ce soit autorisé ou non, on le fait. C’est assez le niaisage. »

« Je défis la Ville ou qui que ce soit de venir démanteler mon campement s’ils n’ont pas une solution de rechange. S’il faut, on va aller en cour pour défendre notre point. On est prêt à cette éventualité-là », poursuit M. Leblanc.

Benoît Leblanc est directeur général d’Itinérance Zéro.

Il souligne que le projet s’organise très rapidement grâce à l’implication bénévole de plusieurs acteurs du milieu.

« Tout s’organise très rapidement de notre côté, donc je ne peux pas voir pourquoi c’était si compliqué de trouver une solution. »


« Tout le monde veut bouger et sauver des vies humaines, mais quand il n’y a pas d’enveloppe, les gens semblent s’en foutre des vies humaines. »
Benoît Leblanc

La balle dans le camp du communautaire

M. Leblanc précise que ce projet met davantage la balle dans le camp du monde communautaire que dans le camp de la Ville ou du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO).

« Ironiquement, là où on a le moins d’appuis, c’est au niveau du communautaire. Ce n’est pas au niveau du CISSSO et de la Ville. Tout le monde veut bouger et sauver des vies humaines, mais quand il n’y a pas d’enveloppe, les gens semblent s’en foutre des vies humaines. »

« La Ville contribue déjà à nous prêter des locaux. Il faut arrêter de lancer la balle juste dans la cour de la Ville. La plus grosse balle à lancer, c'est dans la cour du communautaire. Arrêtez de crier à l’injustice si ça implique seulement qu’on vous donne du cash », enchaine-t-il. « Ces gens-là sortent manifester avec des affiches, mais quand on trouve une solution, les gens ne vont plus au front parce qu’il n’y a pas d’argent qui vient avec ces solutions-là. C’est ça qui me scie les deux bras. Ils sont attirés par l’argent et non par la cause.»

M. Leblanc se désole aussi du fait que l’absence d’implication de certains acteurs communautaires fait en sorte que ce sont des bénévoles avec peu de formation qui devront assurer la surveillance du campement.

« Je vais être obligé de solliciter les bénévoles d’Itinérance Zéro qui vont se relayer durant la période hivernale. Je trouve ça anormal de faire appel à des bénévoles qui n’ont pas nécessairement la formation, juste parce que le communautaire recule, faute d’argent.»

Rappelons que le directeur général de la Soupe populaire de Hull, Michel Kasongo, affirmait jeudi que le dossier de projet modulaire au Centre Robert-Guertin était devenu « trop politique ». Ce dernier réclamait que des actions concrètes soient posées pour en arriver à une solution.