Futur aréna Guertin à Gatineau

Guertin: «le projet est à risque»

Plusieurs mois devront encore s'écouler avant que les tribunaux ne se prononcent sur la requête de la conseillère Denise Laferrière, qui questionne la validité de la loi privée dans le dossier du futur aréna Guertin.
Dans les faits, le dossier n'a toujours pas été assigné à un juge de la Cour supérieure. Le greffier spécial qui gère actuellement l'instance a remis ce dossier au 19 décembre prochain. Une décision quant à la recevabilité de la requête était attendue mardi. 
Le maire Maxime Pedneaud-Jobin s'est donné jusqu'à mercredi pour commenter ce nouveau développement dans le dossier, mais le président du comité exécutif, Gilles Carpentier, ne s'est pas fait prier pour dénoncer l'attitude de sa collègue Denise Laferrière, qui est à l'origine de la procédure juridique.
« La poursuite de Mme Laferrière met carrément à risque le projet et ça pourrait mener au départ des Olympiques, a averti M. Carpentier. Le projet a franchi toutes les étapes, le législateur a adopté le projet de loi privé et les citoyens ont eu la chance de s'opposer, mais ne l'ont pas fait. C'est un projet qui permettrait à la Ville d'économiser 33 millions $. Je questionne sérieusement les intentions de ma collègue et comme citoyen et élu, je suis très préoccupé. C'est sérieux. Le projet est à risque. »
En juillet dernier, Mme Laferrière et l'avocat Jean-Carol Boucher ont déposé une demande de nullité de la loi privée votée par l'Assemblée nationale pour permettre au projet du futur complexe multiglace d'aller de l'avant. Me Boucher soutient que la loi privée n'est pas applicable parce que certaines de ses dispositions étaient contenues dans une autre loi (sur l'autonomie des villes) qui n'était toujours pas adoptée au moment du vote. 
Appels d'offres sur la glace ?
Joint par Le Droit, le président de Vision multisports Outaouais (VMSO), Alain Sanscartier, dont le groupe sera responsable de la construction et la gestion du futur complexe, a indiqué qu'il voulait se donner 24 heures avant de commenter ce nouveau retournement de situation. M. Sanscartier a auparavant indiqué qu'il attendait la fin de toutes les procédures juridiques avant de lancer les premiers appels d'offres pour la construction. 
La conseillère Laferrière souhaite que la Ville de Gatineau attende la fin du litige juridique avant de commencer à dépenser des sommes publiques pour ce projet. « Mon collègue peut dire ce qu'il veut, mais ce n'est pas à moi de juger de la légalité d'une loi, a-t-elle lancé. Ce n'est pas de l'acharnement politique de ma part. Il faut juste s'assurer de la légalité du projet qu'on a. Je ne voudrais pas que la ville avance de l'argent avant qu'une décision soit prise, sinon ça voudrait dire qu'on ne respecte pas l'aspect juridique du dossier. »  
Mme Laferrière affirme qu'elle ne souhaite pas nécessairement que le projet du futur Guertin soit abandonné, mais elle réitère son amertume devant le transfert vers Gatineau d'une subvention de 26,5 millions $ auparavant destinée à un projet dans son district. « Les gens de Hull perdent là-dedans », dit-elle.
Avec Louis-Denis Ebacher