Dans la foulée de la saga entourant le Centre Robert-Guertin et les personnes en situation d’itinérance, la conseillère municipale Louise Boudrias estime que la Ville de Gatineau devrait travailler davantage avec ses partenaires.
Dans la foulée de la saga entourant le Centre Robert-Guertin et les personnes en situation d’itinérance, la conseillère municipale Louise Boudrias estime que la Ville de Gatineau devrait travailler davantage avec ses partenaires.

Guertin: «Il faut travailler davantage avec nos partenaires», dit Boudrias

Julien Coderre
Julien Coderre
Le Droit
Dans la foulée de la saga entourant le Centre Robert-Guertin et les personnes en situation d’itinérance, la conseillère municipale Louise Boudrias estime que la Ville de Gatineau devrait travailler davantage avec ses partenaires.

« Ce que je déplore dans la situation actuelle, dit-elle, c’est qu’on a un partenaire qui s’appelle les Olympiques avec qui on a un bail de signé, donc en amont, on aurait dû les consulter et essayer de discuter avec eux des impacts qu’aurait une telle décision. »

Rappelons que vendredi dernier, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a annoncé que le domicile des Olympiques de Gatineau servirait de refuge d’urgence pour les personnes en situation d’itinérance pour la prochaine année.

« Aujourd’hui, poursuit Mme Boudrias, on voit des gens sortir publiquement et une pétition en ligne. Pourquoi ? Parce que les gens n’ont pas été informés. Si les Olympiques avaient été autour de la table pour discuter, oui peut-être que la décision serait la même aujourd’hui, mais au moins ils auraient compris d’où ça venait et quel avait été le processus derrière. Même le conseil municipal n’a jamais été interpellé là-dessus. Il n’y a pas eu de discussions ni de présentations et souvent c’est ça [le manque de transparence] qui fait la grogne chez nos citoyens et nos partenaires. »

Même son de cloche du côté de la députée de Hull, Maryse Gaudreault.

« Le maintien des personnes itinérantes au Centre Robert-Guertin n’a jamais été abordé lors de nos nombreux échanges », dit-elle.

À la Ville de Gatineau, on soutient qu’« on a informé les Olympiques dès qu’on en a été informé de la situation officiellement ».

« On a parlé avec tous les partenaires, les associations de hockey et communautaires qui étaient touchées par cette décision-là avant que ça sorte publiquement, indique-t-on. Depuis le début de la pandémie, la Ville se range derrière les recommandations de santé publique et cette décision en est une de santé publique également. Le CISSSO a le pouvoir de réquisitionner le bâtiment et la Ville n’a pas une volonté de commencer à faire une contestation de cette recommandation-là, d’autant plus qu’on parle des plus démunis de notre société. »


« Je me demande aujourd’hui ce qui a bien pu se passer entre le dépôt de la pétition contre le projet au bureau du CISSSO et l’annonce de ce changement de cap deux jours plus tard. »
Maryse Gaudreault

Aucun autre site adéquat

Selon le CISSSO, 14 autres sites ont été analysés avant que le sort se jette sur l’édifice de Guertin. Des 14, aucun lieu n’était « adéquat ».

La députée Gaudreault s’est d’ailleurs dite étonnée lorsqu’elle a appris la nouvelle.

« Moi et tous les autres membres du comité composé de représentants des organismes communautaires en itinérance, du CISSSO et de la Ville de Gatineau, nous nous étions entendus pour rapidement élaborer un plan d’action et de communication afin de bien informer les citoyens qui habitent dans le secteur de la rue Marengère parce que le Ministère de la Santé et des Services sociaux avait autorisé les fonds nécessaires à la relocalisation des personnes itinérantes, il y a quelques jours », souligne-t-elle.

Selon Mme Gaudreault, le bâtiment du 55 Marengère demeurait jusqu’à vendredi dernier « la seule option possible ».

« Je me demande aujourd’hui ce qui a bien pu se passer entre le dépôt de la pétition contre le projet au bureau du CISSSO et l’annonce de ce changement de cap deux jours plus tard », se questionne la députée.

Les autres sites ayant été analysés n’ont toujours pas été divulgués publiquement.

« Les différents sites analysés pour héberger les personnes en situation d’itinérance ne répondaient pas aux échéanciers et aux besoins de cette clientèle démunie alors que le Centre Robert-Guertin était tout avisé », a pour sa part réagi le CISSSO.