Le futur aréna Guertin à Gatineau
Le futur aréna Guertin à Gatineau

Guertin: Desjardins refuse une nouvelle offre de VMSO

EXCLUSIF / Les négociations entre tous les partenaires impliqués dans le dossier du futur aréna Guertin se sont accentuées, jeudi, mais le principal créancier de Vision multisports Outaouais (VMSO), Desjardins Entreprises, refuse toujours de reprendre les versements de son prêt.

Le Droit a appris que le gestionnaire du chantier de Guertin, l’entreprise JPL, a proposé à VMSO, mercredi en fin de journée, de reprendre temporairement et uniquement les travaux dont les coûts peuvent être payés par l’enveloppe budgétaire disponible à ce jour.  En échange, les créanciers de l’organisme s’engageaient à verser les sommes toujours disponibles sans restriction.

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En manque d’argent, VMSO suspend les travaux du futur Guertin

D’après une lettre dont nous avons obtenu copie, envoyée jeudi après-midi par JPL à tous ses sous-traitants, la Ville de Gatineau avait accepté de décaisser immédiatement environ 80 % des sommes nécessaires pour payer ces travaux déjà en cours d’une valeur d’environ 4,5 millions $. La condition de la Ville était que Desjardins reprenne les versements de son prêt.  

Desjardins avait jusqu’à midi, jeudi, pour donner sa décision. VMSO a essuyé un refus. Tout le monde est de retour à la case départ. 

«Malgré ce refus et cet entêtement, écrit le président de JPL, Roeld Langeveld, nous sommes au fait et nous vous confirmons que les parties discutent activement avec le gouvernement des autres options pour sécuriser les argents requis pour compléter les travaux. […] Logiquement, en fonction des implications et de l’avancement du projet et des autres enjeux, nous avons un espoir raisonnable que le tout devrait se concrétiser.»

Bail emphytéotique

VMSO affirme maintenir tous les efforts nécessaires pour trouver une solution avec ses partenaires. Le gouvernement du Québec, par la voix du député de Chapleau, Mathieu Lévesque, a évoqué, mercredi, la possibilité d’offrir «une garantie de prêt, une caution ou une autre forme de prêt» à VMSO, mais il a précisé que les discussions devaient se poursuivre. 

Du côté de la Ville de Gatineau, le maire Maxime Pedneaud-Jobin a continué, jeudi, de rejeter les demandes d’entrevue. Le cabinet a indiqué au Droit que d’autres discussions devaient avoir lieu avant que le maire ne s’exprime publiquement. 

Selon nos informations, il serait hors de question pour le maire d’augmenter la participation financière de Gatineau. Son conseil serait aussi difficile à convaincre compte tenu de l’engagement qui a été fait envers la population sur l’absence de risque financier pour la municipalité. La Ville évaluerait toutefois la possibilité de prolonger le bail emphytéotique du futur Guertin d’une dizaine d’années, le faisant passer à 35 ans ou plus. Dans un tel cas, la Ville ne deviendrait officiellement propriétaire de l’immeuble qu’en 2056, permettant du même coup à VMSO d’avoir plus de revenus dans le temps à présenter à son créancier. À l’heure actuelle, toutefois, rien n’indique que cette mesure sera suffisante, ou qu’elle sera retenue. 

Les négociations entre tous les partenaires impliqués dans le dossier du futur aréna Guertin se sont accentuées, jeudi.go

Hypothèque légale

La compagnie JPL a par ailleurs indiqué à ses sous-traitants qu’elle retardait à jeudi prochain, 16h00, toute action légale dans le dossier. La compagnie prévoyait déposer une hypothèque légale sur l’immeuble dès lundi prochain. «En agissant de la sorte, nous, la partie construction, démontrons aux autres parties notre bonne volonté, écrit le président de la compagnie. La balle est désormais dans les mains de VMSO et de ses créanciers. Si la situation n’est toujours par résolue après le délai indiqué, nous procéderons à l’enregistrement de l’hypothèque légale et nous assisterons ceux qui désirent se démobiliser du chantier. 

JPL a recommandé à tous ses sous-traitants d’agir dans le même sens. «La concrétisation d’un plan de continuité rapide est directement reliée aux coûts à venir et nécessaires pour terminer le projet, poursuit M. Langeveld. Il est évident que le facteur inconnu des frais reliés à une démobilisation et une remobilisation diminue les chances de succès d’un plan de relance rapide. Sans vouloir m’ingérer dans vos droits ou dans votre gestion du risque, nous vous demandons, pour le bien du projet et des intérêts de nos entreprises respectives, d’attendre à jeudi prochain pour toute action légale.»