Une simple présentation sur la création d'une table de concertation dans le centre-ville s'est transformée, pendant deux heures, en une série d'attaques rangées contre le maire qui a parfois frôlé le règlement de compte.

Guerre d'empoigne au centre-ville

Si la teneur des discussions tenues mardi autour de la table du conseil municipal est un prélude au dernier droit avant la campagne électorale à Gatineau, la route sera longue. Une simple présentation sur la création d'une table de concertation dans le centre-ville s'est transformée, pendant deux heures, en une série d'attaques rangées contre le maire qui a parfois frôlé le règlement de compte. Le tout s'est quand même soldé par un appui majoritaire à la proposition émise par ce dernier.
Le ton a rapidement monté entre Denise Laferrière et Maxime Pedneaud-Jobin, lorsque la conseillère du centre-ville a accusé le maire de «parler, parler, parler», sans arriver à livrer quoi que ce soit de tangible sur l'île de Hull. «Le maire dit que sa priorité est le centre-ville, mais ça lui prend plus de deux ans à livrer une table de concertation, un comité de 23 membres, a-t-elle lancé. On parle beaucoup avec le maire, mais on agit bien peu.»
Les conseillers Denis Tassé, dont l'annonce de sa candidature à la mairie est imminente, et Louise Boudrias ont tous deux fait écho aux propos de Mme Laferrière en affirmant qu'avant l'implantation d'une autre structure, c'est de «résultats» dont le centre-ville a besoin. 
«Et vous, qu'avez-vous fait ?»
La réplique du maire Pedneaud-Jobin ne s'est pas fait attendre. «Et vous, vous avez fait quoi pendant toutes vos années dans le centre-ville ? Rien», a lancé le maire à la conseillère Laferrière avant d'être rappelé à l'ordre par le président du conseil, Daniel Champagne. 
Mme Laferrière s'est aussi questionnée sur les véritables intentions du maire en créant une table de concertation dans le centre-ville à quelques mois seulement des élections. «À mon avis, il fait ça juste pour développer sa base électorale en prévision des élections», a-t-elle lancé. 
L'accusation a ensuite été tournée au ridicule par le maire lors de la mêlée de presse. «S'il y a un seul élu dans l'histoire du Québec qui a gagné ses élections en faisant une table de concertation, je veux connaître son nom, ça doit être un génie», a-t-il rétorqué. 
Sur le fond des choses, le modèle de gouvernance dans le centre-ville proposé mardi par le maire Pedneaud-Jobin était attendu depuis plus de deux ans. Ce dernier accepte une partie du blâme pour le délai, mais il affirme que le conseil doit aussi se regarder dans le miroir. «Un moment donné, c'était trop léger, là c'est trop lourd, mais au moins, là, on avance, a insisté le maire. Ce dossier-là n'avait jamais été mené à terme. Il y a eu un temps où même créer une table de concertation n'était pas imaginable, là, on le fait.»
M. Pedneaud-Jobin se désole que certains conseillers sont entrés dans une dynamique où chaque petite action faite dans le centre-ville devrait régler «par magie» tous les problèmes du secteur, du jour au lendemain. «Ce n'est pas comme ça que ça marche, a-t-il dit. Cette table facilitera le partage d'information, aidera à mieux organiser les actions, c'est un plus, mais ça ne règle évidemment pas l'ensemble des problèmes au centre-ville.»