Les responsables des garderies en milieu familial de l’Outaouais ont débrayé mercredi dans le cadre de la série de grèves rotatives.
Les responsables des garderies en milieu familial de l’Outaouais ont débrayé mercredi dans le cadre de la série de grèves rotatives.

Grève dans les services de garde en milieu familial de l'Outaouais

Benoit Sabourin
Benoit Sabourin
Le Droit
Des centaines de familles de la région ont dû trouver une alternative afin de faire garder leurs enfants, mercredi, alors que les responsables des garderies en milieu familial de l’Outaouais ont débrayé toute la journée dans le cadre de la série de grèves rotatives déclenchée le 1er septembre par la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ).

Au total, près de 1700 familles de la région ont été touchées par la journée de grève des intervenantes en petite enfance qui réclament de meilleures conditions salariales auprès du gouvernement du Québec.

Un imposant cortège regroupant plus d’une centaine de responsables en services éducatifs en milieu familial (RSE) s’est vers 9h, mercredi matin, dans le stationnement du supermarché Maxi, dans le secteur Buckingham, à Gatineau, sur l’avenue Lépine, percussions et pancartes à la main, prêts à se faire entendre. Escorté par des véhicules de police, le groupe s’est ensuite déplacé en marchant jusqu’au bureau de comté du député de Papineau et ministre de la Famille et ministre responsable de l’Outaouais Mathieu Lacombe, situé au 564, avenue de Buckingham, un peu moins de deux kilomètres plus loin, où la manifestation s’est poursuivie. 

«Présentement, les responsables (en services éducatifs en milieu familial) gagnent 12,42$ de l’heure. Le ministre nous offre 12,83$. C’est encore indécent. Ce qu’on veut nous, c’est 16,75$ comme une éducatrice en échelon un non formé en installation. Les responsables offrent des services de qualité et elles ont le droit à cette augmentation», a déclaré la présidente de l’Alliance des intervenantes en milieu familial en Outaouais, Manon Chénier.

La série de grèves tournantes de la FIPEQ-CSQ, qui a débuté le 1er septembre dans la région de Québec–Chaudière-Appalaches, doit se poursuivre jusqu’au 18 septembre à travers la province. 

Si aucune entente n’intervient entre le syndicat et le ministère de la Famille d’ici là, une grève générale illimitée sera déclenchée le 21 septembre, prévient la FIPEQ-CSQ qui reproche au ministre Mathieu Lacombe de ne pas être proactif dans les négociations qui ont cours depuis maintenant plus de 18 mois. 

En plus de réclamer un meilleur salaire, les RSE demandent également des «ressources financières pour que les intervenantes puissent accomplir un portrait périodique de l’enfant» de même que «la possibilité d’accueillir plus d’un enfant ayant des besoins particuliers».

«Pourquoi nous sommes là, c’est à cause du ministre Lacombe. Parce qu’il n’a pas donné de mandat clair pour qu’on puisse négocier afin d’arriver à une entente satisfaisante. On ne le dira jamais assez, nous en sommes en négociations depuis le 4 mars 2019. [...] C’est la troisième fois en deux ou trois mois que je suis ici (en Outaouais) pour faire bouger les choses, pour essayer qu’il sorte de sa tanière, pour qu’il donne des mandats clairs. Nous avons perdu tout l’été à ne pas négocier», a lancé la présidente de la FIPEQ-CSQ, Valérie Grenon, qui a indiqué qu’une rencontre entre les deux parties a eu lieu la semaine dernière et qu’une autre journée de négociations est prévue vendredi, mais que «du temps précieux» a été perdu afin d’éviter les journées de grèves rotatives des derniers jours. 

Mme Grenon met en garde les parents ayant des enfants fréquentant des RSE de se tenir prêts pour le 21 septembre.

«Il faut se préparer parce que si on suit le rythme du ministère de la Famille, nous serons en grève illimitée à partir du 21 septembre, c’est clair», a-t-elle martelé, mercredi matin, lors d’un bref point de presse.

Pas de négociations sur la place publique

Au cabinet du ministre Lacombe, on a répondu au Droit, par le biais d’un courriel, que celui-ci ne commenterait pas le dossier publiquement.

«Le message est le même depuis le début: nous ne négocierons pas sur la place publique. Tout le monde a à cœur l’avenir de nos tout-petits et nous souhaitons que les discussions se poursuivent afin d’arriver à une entente qui va satisfaire tout le monde, et ce, rapidement. D’ailleurs, nous sommes satisfaits que le syndicat ait répondu à l’appel du ministre de Famille et que les discussions aient repris la semaine dernière. Il est toutefois dommage que ce soit les familles qui voient leur quotidien chamboulé en faisant les frais des moyens de pression qui débutent aujourd’hui», a-t-on indiqué.