Plusieurs entreprises gatinoises ont perdu d’énormes sommes ou ont tout simplement fermé leurs portes à cause des grands travaux d’infrastructure initiés par la Ville de Gatineau.

Grands travaux: des élus ouverts à analyser un programme de compensation pour les commerçants

Des élus de la Ville de Gatineau ouvrent la porte à s’inspirer de la Ville de Québec qui vient de mettre en place un programme de compensation financière pour les commerces affectés par les grands travaux d’infrastructures.

Le débat entourant la question de dédommager ou non les entreprises qui voient leurs revenus fondre comme neige au soleil lorsque la Ville entreprend des travaux d’envergure à proximité refait régulièrement surface à Gatineau, mais jamais la municipalité n’a accepté de dédommager les commerçants touchés. Les raisons offertes par la Ville sont que les commerçants seront les premiers à profiter des améliorations une fois qu’elles seront terminées et qu’un programme de compensation aurait comme effet de faire gonfler la facture des travaux pour les contribuables. 

La Ville de Québec a cependant accepté de faire un pas en avant dans ce dossier et de rejoindre les villes de Montréal et Lévis, lundi, en annonçant un programme de compensation qui touchera les commerces de détail. Pour être admissibles, ils devront être touchés par des travaux d’une durée minimale variant de quatre à six mois. La Ville acceptera, avec preuves à l’appui, de verser des compensations pouvant aller jusqu’à 30 000 $ par année. La mesure permettra aussi de dédommager les gens d’affaires lors des travaux d’aménagement du futur réseau de tramway. La Ville de Québec s’attend à devoir débourser jusqu’à 5 millions $ par année en compensations pour ce projet majeur de transport. 

L’ex-propriétaire du bistro l’Alambic, sur le boulevard Saint-Joseph, David Gomes, mentionne qu’un tel programme aurait été bienvenu au cours des derniers mois, alors que la Ville de Gatineau réalisait d’importants travaux d’infrastructures sur le boulevard Saint-Joseph. Ce dernier a été contraint de fermer son restaurant en raison des pertes de revenus trop importantes occasionnées par les travaux. 

« La Ville doit absolument réfléchir à quelque chose comme ça, dit-il. Il faut avoir les poches profondes pour survivre à plusieurs mois de travaux devant son commerce. Gatineau a toujours fermé la porte à un programme de compensation, mais là, en voyant Québec agir, peut-être que les avis vont changer et que la Ville va s’apercevoir qu’elle a fermé la porte trop vite à ça. »

Tessier ouvre la porte

Après avoir rejeté du revers de la main l’éventualité d’un tel programme de compensation dans le cadre du chantier du boulevard Saint-Joseph, le président du comité exécutif de la Ville de Gatineau, Cédric Tessier, aborde maintenant la question avec moins de fermeté. 

Il précise qu’aucun commerce de Gatineau ne répondrait aux critères du programme de Québec parce qu’il n’y a pas eu de travaux qui se sont étendus sur quatre à six mois à Gatineau dernièrement. 

« Si un jour on devait avoir des travaux d’une longue durée sur une rue commerciale, je serais à l’aise qu’on regarde un éventuel programme de compensation, mais pour l’instant, on est dans la spéculation, dit-il. Si le problème se pose un jour, on pourrait analyser une telle possibilité. »

La conseillère Louise Boudrias est d’avis qu’un tel programme serait « super intéressant à analyser et à adapter en fonction des besoins et de la réalité gatinois ». Elle lance d’ailleurs un appel à la Chambre de commerce de Gatineau (CCG) et à la commission du développement économique qui pourraient, selon elle, agir comme des partenaires pour pondre une proposition de programme.

Le président de la commission de développement économique de la Ville de Gatineau, Jean-François LeBlanc, est d’avis que le programme de Québec mérite d’être analysé. « Une bonne idée, ça se partage et ça peut se copier, dit-il. Je ne suis pas contre une bonne idée. Celle-là mériterait qu’on en fasse l’analyse. »