La conseillère gatinoise Sylvie Goneau a vécu des moments difficiles au cours des derniers mois.

Goneau perd sa maison, mais garde le cap

La mauvaise nouvelle qu'appréhendait la conseillère gatinoise Sylvie Goneau est tombée mercredi dernier. Sa maison de la rue Hurtubise, la résidence familiale où elle a été élevée et dans laquelle ses propres enfants ont aussi grandi, n'a pas résisté aux inondations. Le gouvernement du Québec la considère comme une perte totale et comme elle se trouve dans la zone de grand courant, 0-20 ans, elle devra être démolie.
Le cas de Mme Goneau n'est pas unique. D'autres sinistrés doivent se préparer à voir leur vie complètement chamboulée lorsque viendra le coup de fil du gouvernement. « Je me considère chanceuse malgré tout, lance la conseillère. Certains vivent des scénarios bien pires que le mien. Ce n'est pas tout le monde qui a les moyens de repartir à zéro. Il y a des gens qui se retrouveront devant rien. »
Les sinistrés doivent prendre le temps de se préparer mentalement à recevoir l'appel qu'ils redoutent, conseille Mme Goneau. « Moi, j'étais rendu au point où n'importe quelle décision allait être mieux que l'incertitude, admet-elle. Le pire, c'est l'impossibilité de prendre une décision, de pouvoir aller de l'avant et de ne pas avoir le contrôle de sa propre situation. La nouvelle de la perte de ma maison, bien que mauvaise, a été une libération. Là, je sais ce qu'il en retourne et je peux recommencer à avancer. »
Une partie du terrain occupée par la maison de Mme Goneau se situe dans la zone de faible courant 20-100 ans où une construction neuve est permise par le ministère de l'Environnement.
« Nous avons cette chance, nous pourrons reconstruire ailleurs sur notre terrain, mais ça demeure émotif, surtout pour mon père, raconte la conseillère. Il a mis beaucoup d'énergie dans cette maison. Il a construit ça pour sa famille. Il habitait avec mon conjoint et moi au rez-de-chaussée. Il a presque tout perdu dans l'inondation. J'ai été capable de sauver quelques albums de photos, dont celui de son mariage avec ma mère décédée il y a cinq ans. »
Mme Goneau admet avoir vécu des moments difficiles au cours des derniers mois. L'émotion a parfois été à fleur de peau dans le clan Goneau.
« Il faut se permettre de vivre les émotions, il faut se donner le temps de le faire, mais il faut aussi se remettre au travail, dit-elle. Quand survient une tragédie, il faut évaluer la situation et réagir et c'est surtout à ça que je me suis attardée. »
Des architectes et ingénieurs travaillent déjà sur les plans de la nouvelle maison que feront construire Mme Goneau et son conjoint sur leur terrain de la rue Hurtubise. Les travaux ne pourront toutefois pas commencer avant septembre. D'ici là, Mme Goneau devra continuer de vivre dans ses bagages, à l'hôtel.