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En cinq ans, Gatineau est devenue la grande ville du Québec qui jette le moins de déchets.
En cinq ans, Gatineau est devenue la grande ville du Québec qui jette le moins de déchets.

Gestion des déchets: les Gatinois sont finalement passés à travers

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
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S’il y a un dossier qui a fait jaser à Gatineau depuis quatre ans, c’est bien celui des déchets. Et pour cause. Les habitudes des Gatinois ont été grandement chamboulées par le Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) 2016-2020. De la réduction des collectes d’encombrants, à l’introduction des sacs tarifés en passant par les nouveaux bacs gris, les changements n’étaient pas anodins. L’heure est maintenant au bilan.

Les élus municipaux ont été nombreux au cours du dernier mandat à grincer des dents et à faire échos aux nombreuses plaintes de leurs citoyens face aux anicroches découlant du PGMR. On peut penser aux dépôts sauvages d’encombrants sur le bord des rues, aux boîtes de dons transformées en conteneur à déchets et aux citoyens vivant des situations particulières les rendant incapables de se conformer aux 120 litres de déchets aux deux semaines. Le ton était tout autre, mardi, en comité plénier. Plusieurs élus ont plutôt tenu à saluer les «décisions courageuses et nécessaires» prises par le conseil depuis quatre ans et se sont félicités d’avoir pu confondre les sceptiques en présentant fièrement un bilan positif.

D’abord, quelques chiffres. En cinq ans, Gatineau est devenue la grande ville du Québec qui jette le moins de déchets. À 287 kg de déchets ultimes par habitant, ce sont 100 kg de moins par habitant que la Ville occupant la deuxième position. Gatineau a dépassé les objectifs qu’elle s’était fixés en matière d’augmentation du recyclage, compostage et de tri des résidus de construction.


« Le bilan qu’on présente démontre qu’on avait raison de faire ces changements. »
Maude Marquis-Bissonnette

Elle échoue toutefois dans l’atteinte d’une réduction de 45 % des matières envoyées à l’enfouissement provenant du secteur résidentiel. Ça se voulait la cible globale du PGMR 2016-2020. La Ville a toutefois identifié les raisons expliquant pourquoi elle a raté sa cible. D’abord, le PGMR est entré en vigueur en 2017, avec un an de retard. Ensuite, les deux inondations records et la tornade de 2018 ont engendré une quantité importante de déchets qui n’avait évidemment pas été prévue au moment de l’identification des cibles. Et pour terminer, il y a la pandémie qui force bon nombre de citoyens à travailler de la maison et qui un impact important sur la quantité de déchets provenant du secteur résidentiel.

En faisant abstraction de l’impact du télétravail sur la quantité de déchets produits à la maison, Gatineau afficherait une réduction de matières résiduelles envoyées à l’enfouissement de 28 % en 2020 par rapport à 2013. La présidente de la Commission du développement du territoire, de l’habitation et de l’environnement, Maude Marquis-Bissonnette, affirme que la cible de réduction de 45 % devrait être atteinte en 2021.

«Le bilan qu’on présente démontre qu’on avait raison de faire ces changements parce qu’on arrive à des résultats extrêmement encourageants, a noté la conseillère. Les citoyens avaient certainement raison d’être inquiets et la leçon que nous devons retenir c’est qu’il faut expliquer nos actions, faire de la pédagogie sur les raisons qui nous poussent à faire ces changements et pourquoi ils sont nécessaires. On doit être à l’écoute et s’ajuster. Nous l’avons fait et nous devrons continuer de le faire.»

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin s’est dit impressionné par le progrès fait par les Gatinois en si peu de temps dans la gestion de leurs matières résiduelles. «On est dans le peloton de tête au Québec, a-t-il souligné. On a fait tout ça dans une période exceptionnelle de bouleversements. Les gens voient l’urgence d’agir. La collaboration des citoyens a été extrêmement grande.»

Une pause

La Ville de Gatineau doit maintenant s’entendre avec le gouvernent du Québec sur un nouveau PGMR qui comprendra de nouvelles actions dont l’objectif sera de réduire encore plus la quantité de matières résiduelles envoyées à l’enfouissement. Mme Marquis-Bissonnette reconnaît que les citoyens ont fait de grands efforts dans les dernières années. Ils peuvent maintenant s’attendre à une pause au cours de laquelle les chamboulements d’habitudes devraient être bien moins nombreux.

«Je ne veux pas me commettre pour le conseil municipal qui devra se pencher sur le prochain PGMR, dit-elle. Il faut aussi rappeler que c’est le gouvernement du Québec qui fixe les cibles à atteindre. Ce qui est très clair cependant, c’est que notre bilan en matière de réduction des déchets est très bon pour le secteur résidentiel, mais qu’il est bien moins reluisant pour les industries, commerces et institutions (ICI).»

C’est vers ces ICI que Gatineau devrait concentrer ses énergies au cours des prochaines années, note Mme Marquis-Bissonnette. «Les Gatinois ont pris de bonnes habitudes en matière de tri des déchets, dit-elle. Quand ils arrivent dans un commerce ou au travail, ça leur fait mal de ne pas pouvoir composter ou recycler. On peut s’attendre à ce que le prochain PGMR se concentre sur les ICI et qu’il donne une pause aux citoyens.»