Gatineau demande à Québec de mettre en place une commission scientifique pour analyser les causes des inondations.

Gestion des barrages: Gatineau réclame une commission scientifique

Le conseil municipal de Gatineau réclame que le gouvernement du Québec mette en place une commission scientifique pour analyser les causes des inondations de 2017 et 2019, en «incluant l’impact de la gestion des barrages».

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a obtenu l’appui de l’ensemble des élus, mardi soir lors de la réunion du conseil municipal, pour l’adoption d’une résolution réclamant diverses mesures au gouvernement provincial afin de mieux comprendre ce qui a pu provoquer les deux crues historiques ayant durement frappé Gatineau au cours des trois derniers printemps.

Les élus gatinois souhaitent qu’une «commission scientifique formée d’experts indépendants» analyse les causes des inondations en incluant la question de la gestion des barrages.

Ils réclament que «les divers acteurs impliqués» soient entendus, mais aussi tous les citoyens qui souhaiteraient faire connaître leur point de vue.

En caucus préparatoire, le maire Pedneaud-Jobin a souligné que la commission réclamée doit avoir un mandat «plus vaste» que l’analyse de la gestion des barrages. «Il y a la pluie, il y a la neige, il y a les eaux souterraines», a-t-il mentionné.

L’objectif de la requête présentée au gouvernement provincial est d’obtenir «des solutions à long terme qui fonctionnent et qui sont rigoureuses», le tout en se basant sur des données scientifiques, a précisé le maire.

En ce qui concerne la demande pour que les sinistrés soient eux aussi entendu, M. Pedneaud-Jobin a fait valoir qu’ils «ont une connaissance extrêmement fine de ce qui s’est passé dans leurs quartiers».

La résolution adoptée par les élus gatinois demande aussi à Québec d’«inclure les villes dans le processus de réflexion du groupe d’action ministériel sur l’avenir des zones inondables».

Le conseil municipal de Gatineau s’engage de son côté à consulter tant les sinistrés que les autres citoyens intéressés pour la mise en place de solutions «dans le cadre de son propre processus de réflexion sur l’avenir des zones inondables».

À l’Assemblée nationale

Le député de Pontiac, André Fortin, a de son côté rappelé que les élus de l’Assemblée nationale ont voté, au début mai, pour la tenue d’une commission scientifique sur la gestion de barrages.

«[Lundi], j’étais avec 300 sinistrés du Pontiac et tout le monde avait une seule question: «qu’est-ce qui s’est passé?», a-t-il mentionné, mardi, lors de la période de questions. Mais le même jour, le premier ministre, lui, refusait une telle enquête. Et depuis, plus rien.»

Le député libéral a donc demandé, «par respect pour les citoyens qui ont eu trois pieds d’eau dans la cuisine», s’il y aura création d’une commission indépendante chargée de se pencher sur la gestion des barrages.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a répondu en rappelant qu’un groupe d’action ministériel a été créé et que «plusieurs questions» seront abordées dans son mandat.

Mme Guilbault a ajouté une petite pointe dirigée vers les libéraux, en mentionnant que «la réalité, c’est qu’il y a des décisions qui ne se sont pas prises au cours des dernières années».