Normand Mousseau, Marie Larocque et Maxime Pedneaud-Jobin

GES: cesser de culpabiliser le citoyen pour avancer

Il faut cesser d’utiliser un « discours culpabilisant » envers le citoyen moyen lorsqu’on aborde les émissions de gaz à effet de serre (GES) et les efforts nécessaires au développement durable des villes et des régions.

L’industrie a une très grande responsabilité à ce chapitre, puisqu’elle a le pouvoir de faire diminuer drastiquement les émissions de GES au Québec.

Hugo Asselin est professeur titulaire et directeur de l’École d’études autochtones de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, et spécialiste des questions de changement climatique et de développement durable.

Il s’est adressé à d’autres chercheurs, mardi, au congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), cette semaine, à Gatineau.

« Le discours culpabilisant disant du genre : ‘faites un effort, vous n’êtes pas bons, le Québec doit diminuer davantage (les GES)’. Ce n’est pas tant les individus qui doivent faire ces efforts-là. On les fait déjà, ces efforts-là. Il faut continuer.

«Je ne suis pas en train de vous dire d’acheter un véhicule utilitaire sport (VUS). On n’est plus là. Ceux qui doivent changer les choses ne le font pas. C’est l’industrie. Et l’industrie, pour qu’elle change, il faut que ça leur rapporte de l’argent, que d’autres paient pour le faire, ou qu’ils soient obligés. Au Québec, généralement, il faut que ce soit les trois conditions !»

Au Québec, 88 % des GES de l’industrie viennent de 100 entreprises.

Le Québec demeure très loin des cibles gouvernementales de réduction de GES, observe la communauté scientifique.

«Le secteur des transports, c’est la bête noire», dit-il. Les grandes villes sont embourbées dans des cordons de voitures immobiles, alors que les villes de petite et moyenne taille ont des systèmes de transport en commun sous-développés ou inexistants.

«La baisse (de GES) dans les transports dans les derniers cinq à dix ans, c’est vous et moi qui aidons à la baisse avec l’achat de véhicules électriques ou hybrides, par exemple.

«Parce que les gros camions et les camionnettes, ça continue d’augmenter. Les gros camions de l’industrie, les camionnettes, la folie des VUS, cela existe encore. Mais il faut penser à l’industrie dans le système. Quand on est sur la route 117 entre Rouyn-Noranda et Val-d’Or, on voit des pick up de compagnie. Quand le développement minier marche ‘à fond la caisse’ ça met des pick up sur la 117.»

Solutions

Le Québec pourrait mieux gagner la lutte à l’augmentation des GES si ses populations métropolitaines et régionales étaient mieux réparties, alors que la moitié des Québécois réside à Montréal et dans ses environs.

La transformation locale et la proximité des services, en région, aident aussi à réduire le coût des transports, note le chercheur.