Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

GCM: Desjardins a une responsabilité, insiste le maire de Gatineau

La décision du Mouvement Desjardins de tourner le dos au projet de coopératives porté par les employés et les cadres du Groupe Capitales Médias (GCM) pour sauver les six journaux régionaux, dont Le Droit, inquiète et déçoit le maire de Gatineau. Maxime Pedneaud-Jobin croit plutôt que Desjardins a la responsabilité de jouer son rôle de coopérant en étant partenaire dans l’aventure.

«Je ne connais pas les raisons de Desjardins, je ne connais pas tous les détails, mais on ne parle pas d’un plan d’affaires habituel, lance-t-il. On parle de l’avenir de nos quotidiens régionaux. C’est là où j’ai de la difficulté à comprendre parce que Desjardins ce n’est pas uniquement une banque, ça devrait être un partenaire. Dans ce sens-là, peut-être que plutôt que de se retirer, Desjardins pourrait trouver une façon d’améliorer le plan d’affaires qui est sur la table, essayer de le transformer pour que ce soit plus acceptable de leur point de vue. Ça serait plus constructif.»

Maxime Pedneaud-Jobin a été l’un des premiers maires au Québec à monter au créneau pour la survie des journaux régionaux de GCM. Il est à l’origine d’un des plus récents succès du milieu coopératif au Québec avec la création de la Laiterie de l’Outaouais. Défenseur affirmé de l’économie coopérative depuis qu’il est en politique, le maire de Gatineau s’explique bien mal l’attitude du Mouvement Desjardins, dont le retrait du projet pour sauver les journaux régionaux fait maintenant vaciller les dirigeants du Fonds de solidarité de la FTQ. 


« Je suis déçu. Je ne comprends pas la décision de Desjardins. Le fait que le gouvernement favorise le modèle coopératif, ça me donnait de l’espoir. »
Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

«C’est un message qui m’inquiète, ajoute-t-il. J’espère que Fondaction (CSN) et le Fonds de solidarité vont rester solidaires. Je suis déçu. Je ne comprends pas la décision de Desjardins. Le fait que le gouvernement favorise le modèle coopératif, ça me donnait de l’espoir. Je trouvais que c’était une occasion pour le mouvement coopératif d’entrer dans un secteur de l’économie où il n’est pas, celui des médias.»

Le maire Pedneaud-Jobin rappelle à Desjardins que ses sociétaires sont avant tout des citoyens, des citoyens dans les régions. «Desjardins est présent partout au Québec, notamment dans toutes les régions affectées et menacées de perdre leur quotidien, dit-il. Moi, je pense que ça leur donne une responsabilité. Il me semble que les membres de Desjardins voient en Desjardins un outil de développement économique, pas uniquement une banque. Dans un cas comme ça, c’est de rendre service aux sociétaires que de favoriser le développement des régions. Sans les médias, c’est tout le développement régional qui est handicapé, sans parler de la simple vie démocratique.»

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