Normand Mousseau, Marie Larocque et le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin faisaient partie des conférenciers présents au congrès de l’ACFAS.

Gatineau, ville des changements climatiques

Gatineau est la ville des changements climatiques depuis trois ans, selon le maire Maxime Pedneaud-Jobin, dans le cadre du 87e congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS).

Des centaines de chercheurs et de scientifiques convergent à Gatineau, cette semaine. Puisque les changements climatiques ne peuvent échapper aux discussions, l’ACFAS a invité le maire de Gatineau, forcé de gérer des crises climatiques et humanitaires incessantes depuis 2017, à parler de la transition écologique au Québec.

Inondations et pluies diluviennes en 2017, canicule à l’été 2018, tornade du 21 septembre dans le quartier Mont-Bleu, hiver 2019 historique au chapitre des précipitations, du gel et du dégel, puis d’autres inondations — encore plus fortes — ce printemps.

« On est la ville des changements climatiques depuis trois ans », lance le maire, flanqué de deux sommités dans leurs domaines, le physicien Normand Mousseau, de l’Université de Montréal, et l’hydrogéologue Marie Larocque, de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Les gros budgets politiques sont à Ottawa et Québec, mais les villes doivent gérer des situations d’urgence malgré avec une « fiscalité préhistorique ».

Le maire répète que le pacte fiscal entre la province et les villes doit être revu.

« À court terme, c’est super bon de compter sur l’étalement urbain et le nouvel argent des taxes foncières. Mais ce n’est plus payant quand il faut refaire les rues et tout ce qui va avec cela, quelques années plus tard (...) et on se rend compte qu’un stationnement ne retient pas d’eau comme le marais qui s’y trouvait avant. »

Avec le même budget de fonctionnement « régulier », il faut aujourd’hui prévoir tout ce qui vient avec les changements climatiques, et leurs énormes impacts sur les infrastructures municipales.

Bien avant les impacts sur le matériel, il y a des citoyens épuisés ayant vécu plus d’une catastrophe en moins de 36 mois.

« Le fait que les chercheurs soient dans le débat public aide à prendre des décisions rigoureuses », ajoute le maire.

Que faut-il faire lors des prochaines grandes crues printanières ? À cela, les chercheurs peuvent aider la population, qui connaît le terrain.

« Des résidents sont là depuis des générations. Parfois, on me dit : ‘si on mettait telle digue à tel endroit, on sauverait cinq maisons’. Mais cette eau, va-t-elle se retrouver dans 10 autres maisons, plus loin ? C’est pour ça que les villes, les élus et les chercheurs doivent mieux se connaître. »