Selon la présidente de la commission de l’environnement, Maude Marquis-Bissonnette, la nouvelle réglementation sur les rejets permettra d’assurer la pérennité des usines d’épuration des eaux usées.

Gatineau veut serrer la vis aux grands pollueurs

La Ville de Gatineau entend serrer la vis aux industries les plus pollueuses de son territoire grâce à l’entrée en vigueur d’un nouveau règlement et d’une nouvelle tarification sur le rejet d’eaux usées.

Le conseil municipal doit adopter ce règlement le 11 décembre prochain. Il viendra remplacer la vieille réglementation datant de 2007. Les industries visées auront un an pour s’y conformer.

Le changement phare de cette nouvelle réglementation tient dans l’obligation qu’auront les industries de faire une caractérisation de leurs rejets dans les égouts de la Ville. L’échantillonnage devra être analysé par un laboratoire dûment autorisé. Ces documents permettront au service de l’environnement de connaître précisément quels contaminants sont déversés dans les égouts, et en quelle quantité, pour être traités aux usines d’épuration. Ces industries seront ensuite facturées dès que leurs rejets dépasseront la masse de polluants autorisée par la municipalité.

« Auparavant, les industries, mais aussi les commerces et les institutions, devaient payer 338 $ pour obtenir un permis de rejet, peu importe la quantité et la composition de ce qui était rejeté, explique Bianca Paquette, porte-parole de la Ville de Gatineau. Ce système favorisait les industries qui rejetaient des hauts débits. Il faut aussi savoir que certains contaminants sont plus coûteux que d’autres à traiter à l’usine. »

L’obligation d’obtenir ce permis disparaîtra avec le nouveau règlement. Il s’agit là d’un allègement pour les commerces comme les restaurants dont les rejets de contaminants sont relativement faibles. Ces derniers sont d’ailleurs déjà dans l’obligation d’avoir des systèmes de prétraitement de leurs rejets, notamment pour la graisse.

Les industries plus lourdes déjà existantes sur le territoire pourront se prévaloir d’une clause grand-père qui leur permettra de payer automatiquement les surcharges de contaminants indiquées par leur caractérisation de rejets, alors que les nouvelles, ou celles qui déménageront, devront installer des équipements de prétraitement de leurs rejets. La Ville de Gatineau croit cependant que les industries choisiront à court terme de traiter elles-mêmes leurs rejets, une solution plus rentable que la facturation municipale.

Pollueur-payeur

La présidente de la commission de l’environnement et conseillère du quartier du Plateau, Maude Marquis-Bissonnette, salue l’entrée en vigueur prochaine de cette nouvelle réglementation qui sera à la fois plus équitable tout en instaurant le principe du pollueur-payeur.

« C’est le même principe qu’on tente de mettre en place avec les citoyens pour les matières résiduelles, dit-elle. Il y aura bientôt une tarification quand la quantité de déchets dépassera 120 litres. Nous croyons que c’est une bonne façon de sensibiliser les gens à l’importance de changer leurs habitudes. Ce que nous faisons avec les industries et les rejets est une bonne nouvelle pour les citoyens. C’est aussi le principe du pollueur-payeur. Tout le monde doit faire sa part. ».

Selon Mme Marquis-Bissonnette, la nouvelle réglementation sur les rejets permettra de mieux protéger l’environnement, mais aussi de mieux assurer la pérennité des usines d’épuration des eaux usées.