La conseillère Marquis-Bissonnette note que Gatineau a tendance à accepter assez facilement les demandes de dérogation ou de changements de zonage.
La conseillère Marquis-Bissonnette note que Gatineau a tendance à accepter assez facilement les demandes de dérogation ou de changements de zonage.

Gatineau veut exiger du logement abordable dans les grands projets

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Une importante réflexion qui pourrait mener à des changements très concrets pour les promoteurs immobiliers, mais aussi pour les gens à la recherche de logements abordables s’est amorcée, mercredi, à la commission sur l’aménagement du territoire, l’habitation et l’environnement de Gatineau. La Ville pourrait, dès 2021, exiger, sans toutefois l’imposer, que les grands projets immobiliers intègrent 10 % de logement abordable.

Gatineau n’est pas la seule municipalité à réfléchir à une telle stratégie actuellement.

Montréal prévoit de telles ententes avec les promoteurs depuis déjà 2005. L’idée fait partie de la politique d’habitation adoptée par le conseil municipal de Gatineau en 2016.

La présidente de la commission, Maude Marquis-Bisonnette, précise que le milieu de la construction domiciliaire et les groupes en logement seront très prochainement consultés.

« Il y a deux écoles de pensées, dit-elle. Soit on le fait avec des ententes de bonne foi avec le promoteur, soit on le force par notre réglementation. Montréal ne force pas, mais y arrive avec des ententes. »

Mme Marquis-Bissonnette note que Gatineau, contrairement à d’autres municipalités, a tendance à accepter assez facilement les demandes de dérogation ou de changements de zonage qui lui sont faites par les promoteurs. Certaines villes n’hésitent pas à les utiliser comme moyen de négociation. « Sur un terrain qui est zoné pour 20 étages et que le promoteur demande de pouvoir aller jusqu’à 24 étages, on pourrait dire oui, mais en échange on veut 10 % de logement abordable, mentionne-t-elle à titre d’exemple. On lance la discussion. On a des objectifs. »

La commission sur l’aménagement du territoire, de l’habitation et de l’environnement doit être en mesure de faire une recommandation à cet effet au conseil municipal à l’automne 2020. La mise en œuvre de cette stratégie d’inclusion doit avoir lieu avant la fin du présent mandat.

Interdiction

La réflexion sur l’interdiction des sacs de plastique à usage unique dans les épiceries, les bouteilles d’eau dans les installations municipales et du polystyrène sera au nombre des sujets qui retiendra l’attention de la commission en 2020.

Des recommandations à cet effet doivent être faites au conseil dans les prochains mois.

La Ville de Montréal a déjà pris beaucoup d’avance sur les autres municipalités en cette matière et Gatineau entend s’en inspirer.