La Ville de Gatineau consultera ses citoyens, ce printemps, afin de bien saisir ce qui les préoccupe à quelques mois de la légalisation du cannabis.

Gatineau tend l'oreille aux citoyens

La Ville de Gatineau consultera ses citoyens, ce printemps, afin de bien saisir ce qui les préoccupe à quelques mois de la légalisation du cannabis.

La consultation sera pilotée par la commission Gatineau, ville en santé, qui amorçait ses travaux, jeudi. Toute la réflexion concernant l’encadrement réglementaire sur le territoire gatinois lié à la légalisation du pot sera le premier dossier d’envergure sur lequel la commission devra se pencher.

«On ne fera pas une consultation tous azimuts sur la légalisation du cannabis, a précisé la présidente de la commission, Renée Amyot. La consultation permettra d’abord d’alimenter la commission dont l’objectif est de proposer les changements réglementaires pertinents en fonction de notre réalité. Les aspects comme les lieux autorisés pour la consommation et les moments appropriés, ou pas, pour le faire, comme lors des festivals ou des fêtes de quartier, doivent faire partie de la réflexion. On ne peut pas décider de ce que les propriétaires de logements mettront [comme restrictions] dans leurs baux, mais comme ville nous avons un Office municipal d’habitation.»

Mme Amyot précise que la réglementation gatinoise devra tenir compte de la «réalité globale» de la population. «En santé publique, quand on prend une décision, le principe directeur est un principe de précaution, dit-elle. Il faut tenir compte qu’il y a des gens plus vulnérables que d’autres. En même temps, il faut être réaliste. Il y a déjà des gens qui consomment, dans des lieux publics, et ce n’est pas une réalité qui tombe du ciel.»

Succursales
Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a confirmé au Droit, mercredi, être ouvert à l’idée d’accueillir «une ou des succursales» de la nouvelle Société québécoise du cannabis sur le territoire de sa ville. L’emplacement de ces succursales reste toutefois à déterminer. Mme Amyot affirme que la décision se prendra en fonction de plusieurs critères et que la Loi prévoit que les points de vente devront respecter le même zonage que celui lié à la vente de tabac, mais en y ajoutant des restrictions, comme la proximité des écoles.

«Il faudra que ça reste accessible, dit-elle. Ça va devenir un produit légal, il faut se rendre à l’évidence. On ne pourra pas restreindre les droits. Le choix des lieux des succursales se fera à travers un processus de négociation avec les différentes instances concernées. La Société des alcools du Québec [responsable de l’implantation des succursales] est très soucieuse que ça convienne aux autorités municipales. Nous ne sommes pas devant un partenaire qui veut établir un nombre infini de succursales et qui souhaite les implanter n’importe où, avec un accès trop facile.»

Huis clos
La présidente de la commission Gatineau, ville en santé, devra, au cours du mois d’avril, interpeller toutes les autres commissions municipales ainsi que les comités touchés de près ou de loin par le dossier de la légalisation du cannabis. La commission a aussi annoncé qu’elle mettait sur pied un comité-conseil composé d’experts dont la tâche sera de documenter le dossier et éventuellement de présenter des recommandations à la commission.

«Ce comité sera composé d’intervenants des services policiers, de représentants de la santé publique et des clientèles plus vulnérables, des gens du milieu scolaire et d’intervenants communautaires, a noté Mme Amyot. L’idée derrière la légalisation en est une de réduction des méfaits et c’est plein de bon sens, mais il faut faire les choses de la bonne façon.» L’essentiel du travail de la commission sur le dossier du cannabis se fera à huis clos, a prévenu Mme Amyot. Certains éléments de la réflexion pourraient être rendus publics en cours de route, mais la présidente souhaite «laisser un espace aux partenaires pour s’exprimer en toute liberté» sur la question. Le résultat du travail de la commission pourrait ne devenir public qu’au moment où elle fera ses recommandations au conseil municipal, plus tard au printemps.