L’avenir des parcs d’affaires et industriel de Gatineau est présentement à l’étude.

Gatineau se questionne sur l’avenir de ses parcs d’affaires

La gestion des parcs d’affaires et industriels fait actuellement l’objet d’un important exercice qui pourrait avoir des impacts à long terme sur la façon dont la Ville de Gatineau fait son développement économique et perçoit son rôle dans ce domaine.

Une grande question est à l’ordre du jour depuis des mois derrière les portes closes de la commission de développement économique présidée par le conseiller Jean-François LeBlanc. Est-ce que la Ville de Gatineau doit continuer à gérer ce portefeuille immobilier, en vendant et acquérant des terrains industriels, ou si elle ne devrait pas plutôt laisser cette responsabilité entre les mains du privé pour se concentrer uniquement sur l’accompagnement des entreprises qui veulent s’installer sur son territoire ?

Pour l’instant, les membres de la commission sont divisés, note le procès-verbal de la réunion d’avril dernier, rendu public la semaine dernière. Elle devra tôt ou tard accoucher d’une recommandation politique au conseil municipal qui devra ensuite statuer.

« À l’intérieur de nos services municipaux, certains considèrent que ce serait une bonne idée de ne plus s’occuper de la vente de terrains industriels et de faire comme d’autres villes en laissant ça entre les mains d’entrepreneurs, explique M. LeBlanc en entrevue avec Le Droit. L’idée a été soulevée et nous l’analysons. »

Lors de l’adoption de la dernière grille de prix des terrains, en 2015, le conseil municipal a demandé à l’administration de lui justifier la tarification mise en place et de lui proposer une stratégie de positionnement, de développement et de tarification des parcs industriels et d’affaires.

Parcs complets
Actuellement, seuls deux (Aéroparc et Parc de salubrité publique de Gatineau) des six parcs industriels et d’affaires sous la responsabilité de la Ville offrent encore des opportunités de développement. Les autres sont complets ou comportent trop de contraintes naturelles au développement, note M. LeBlanc. « Il y a encore un peu de place, surtout dans l’Aéroparc où on a investi massivement pour installer les infrastructures publiques, mais dans l’ouest de la ville, il n’y a plus rien, dit-il. Il faut prendre une décision à savoir si on achète de nouveaux terrains pour les transformer en parc industriel et d’affaires. »

Information insuffisante
Trois des cinq membres de la commission se sont prononcés en faveur que la Ville continue à gérer ses parcs d’affaires, alors que deux souhaitent que Gatineau délaisse cette activité.

Trois membres ont refusé de se prononcer prétextant un manque d’information. Une étude réalisée par la firme Zins Beauchesne décrivant l’état des parcs industriels et d’affaires de la Ville tout en proposant une nouvelle grille de prix n’a pas été partagée avec les membres de la commission.

« On a décidé de faire ça comme ça pour ne pas influencer la décision des membres », a indiqué M. LeBlanc.

Ce dernier affirme que Gatineau doit continuer de gérer ses parcs d’affaires et industriels.

« Je suis de ceux qui tentent de trouver le moyen d’aller chercher des revenus ailleurs que dans les poches des citoyens, dit-il. La vente de terrains industriels offre des revenus potentiels intéressants et c’est aussi un outil qui nous permet d’attirer des commerces et des entreprises qui viendront créer des emplois sur notre territoire. Si on délaisse cette responsabilité, ce sont des revenus de moins qui ne viendront plus dans nos coffres. »