Un homme en train de quémander en bordure de la rue à Gatineau. 
Un homme en train de quémander en bordure de la rue à Gatineau. 

Gatineau se dote d’un plan pour agir en itinérance

Des mois de travail et de réflexion ont culminé, jeudi matin, avec la présentation à la commission Gatineau, ville en santé, d’un cadre de référence et d’un premier plan d’action municipal en itinérance.

La présidente de la commission, Renée Amyot, rappelle que les responsabilités des grandes villes en matière d’itinérance sont enchâssées dans une loi. «Ce n’est pas balisé avec une grande précision, mais ce qu’on comprend c’est que notre rôle concerne l’aménagement du territoire, la sécurité publique et tout ce qu’on peut faire en appui au logement.»

Environ 150 personnes vivent en situation d’itinérance «visible» en Outaouais, la grande majorité à Gatineau, a précisé le Centre intégré de santé et de services sociaux de Gatineau (CISSSO).

Le plan d’action de la Ville, s’il est adopté par le conseil municipal, s’étendra sur une durée de trois ans et nécessiterait des investissements municipaux de 689 000 $. Les investissements seront récurrents. Quatre grandes orientations se déclinent en des dizaines d’actions, parfois très concrètes, directement sur le terrain, et parfois tout en haut, dans des comités ou des mécanismes de collaboration. Près de la moitié de la somme prévue ira à sa mise en oeuvre et son suivi.

«Un plan d’action qui n’est pas rattaché à un comité de mise en oeuvre, c’est difficile à appliquer, explique Mme Amyot. Une partie de l’argent servira à embaucher un coordonnateur qui aura la responsabilité de mettre en oeuvre le plan et de s’assurer qu’il soit compris et appliqué à l’intérieur des services de la Ville. C’est incontournable. Il faut associer les ressources humaines à la réussite de ce plan.»

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin s’est pour sa part dit «emballé» par le plan d’action présenté jeudi matin. «Ce sont des actions concrètes, mais aussi tout le paquebot à qui on donne une direction, une cohérence et des règles d’arrimage qu’on va revoir aux deux ans, a-t-il dit. On a fait des choses intéressantes auparavant, mais l’engagement pouvait varier d’une année à l’autre. Là, on se donne un plan avec un montant d’argent important qui nous permettra d’avancer ensemble de manière assez forte. C’est toute une machine qui va se mettre en marche.»

La première grande orientation du plan d’action gatinois tourne autour du logement, d’abord parce que c’est un secteur de responsabilité naturel pour la Ville. Des éléments de la politique d’habitation de la Ville y ont été intégrés, comme faire l’inventaire de logement abordable et créer une banque de terrain pour des projets futurs. L’encadrement des maisons de chambres et la collaboration au développement de logements atypiques et de transition font partie du plan municipal. 


« Ce sont des actions concrètes, mais aussi tout le paquebot à qui on donne une direction, une cohérence et des règles d’arrimage qu’on va revoir aux deux ans. »
Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Autre responsabilité naturelle pour la Ville, la gestion de l’espace public. Gatineau souhaite faciliter l’inclusion des personnes itinérantes à la communauté en soutenant des initiatives de médiation sociale. La Ville souhaite aussi mieux adapter ses interventions en offrant notamment de la formation à ses employés et en développant avec des partenaires des programmes de déjudiciarisation, voire des stages et des emplois adaptés.