La Ville de Gatineau mettrait en veilleuse jusqu’à l’an prochain ses autres projets de fermetures de rues pour faire plus de place aux cyclistes et aux piétons comme c’est le cas sur la rue Jacques-Cartier depuis le début de l’été.
La Ville de Gatineau mettrait en veilleuse jusqu’à l’an prochain ses autres projets de fermetures de rues pour faire plus de place aux cyclistes et aux piétons comme c’est le cas sur la rue Jacques-Cartier depuis le début de l’été.

Gatineau reporterait son projet de fermer la rue Principale à la circulation

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
La Ville de Gatineau mettrait en veilleuse jusqu’à l’an prochain ses autres projets de fermetures de rues pour faire plus de place aux cyclistes et aux piétons comme c’est le cas sur la rue Jacques-Cartier depuis le début de l’été.

C’est la décision que seront appelés à prendre les membres du comité exécutif, mercredi, concernant la rue Principale, à Aylmer. La Ville analysait depuis des mois différentes options pour restreindre la circulation automobile sur l’artère, mais des considérations techniques rendent le projet infaisable à court terme, indique la conseillère du quartier, Audrey Bureau.

Après l’annonce de la fermeture d’un tronçon de la rue Jacques-Cartier, en mai dernier, le comité exécutif a donné le mandat à l’administration d’analyser d’autres artères où la circulation automobile pourrait être restreinte.

Le porte-parole pour le dossier vélo au conseil municipal, Daniel Champagne, laissait entendre que plusieurs autres sites feraient l’objet d’une analyse. Il citait entre autres, à titre d’exemples, le pont Lady-Aberdeen, le boulevard Alexandre-Taché, le secteur du parc Moussette et celui du pont Champlain. Le président du comité exécutif, Cédric Tessier, se disait ouvert à prendre «quelques décisions courageuses». Mme Bureau mentionne que 14 autres sites ont été étudiés et que le seul où il aurait été pertinent de le faire était la rue Principale, entre Place des Pionniers et la marina d’Aylmer.

La possibilité de retirer une voie de circulation pour faire place aux cyclistes et aux piétons tout en conservant la deuxième voie à sens unique pour les voitures en direction de la marina a été longuement étudiée et devait voir le jour cet été. Commerçants et résidents ont été consultés et l’enthousiasme était partagé, affirme Mme Bureau.

«Pour des raisons techniques, ça ne sera pas possible, l’option est écartée pour cette année, dit-elle. Les travaux de construction qui doivent débuter incessamment au British rendaient plus complexe la question des détours. Certaines rues qui devaient servir aux détours d’urgence devront être fermées ou entravées en raison des travaux. La recommandation au comité exécutif sera donc de reporter le projet de fermeture à l’an prochain.»

Des commerçants enthousiastes

Même si elle est retardée d’un an, la fermeture d’une voie de la rue Principale demeurera «totalement pertinente» l’an prochain, estime Mme Bureau. Si la fermeture de la rue Jacques-Cartier a mené à plusieurs critiques dans les dernières semaines, la possibilité de réaménager la rue Principale pour la rendre plus conviviale n’a pas fait naître l’ombre d’un tel mouvement à Aylmer. «Les commerçants et les résidents étaient très heureux de voir qu’on voulait mettre cette initiative en place», affirme Mme Bureau.

Le président de l’Association des professionnels, industriels et commerçants d’Aylmer (APICA), Éric Delage, n’a pas caché sa déception face à la décision de reporter le projet. «Fermer une rue attire des gens dans les commerces, insiste-t-il. Ça devient un lieu plus festif et ça offre plus d’espace aux gens. Ça permet de mieux faire voir les commerces. C’était un projet qui était perçu comme très positif par les gens ici.»

La déception est double pour l’APICA qui a reçu un montant de 100 000 $ de la Ville de Gatineau pour organiser des activités d’animation cet été dans le secteur.

«Que la rue Principale ne ferme pas nous a forcés à annuler certaines activités qu’on avait pensé faire, dit-il. La Ville a cependant décidé de reporter jusqu’en septembre 2021 la date limite pour avoir dépensé l’argent.»

Jusqu’ici, l’APICA a soumis pour 33 000 $ de projets. Le cahier d’activités approuvé par la Ville prévoit des activités jusqu’en décembre.