Gatineau précise sa stratégie de guerre aux nids-de-poule

Gatineau vit une saison des nids-de-poule hâtive cette année et le président du comité exécutif, Cédric Tessier a voulu être clair avec les cols bleus, mercredi matin. «Le mot d’ordre c’est le même depuis des années, lorsqu’une équipe rentre dans une rue [locale] à la suite d’une requête, elle doit faire l’ensemble des nids-de-poule, tant qu’elle a de l’asphalte», a-t-il insisté.

Pourtant, mardi, le président du syndicat des cols bleus, Denis Savard, affirmait, sur les ondes du 104,7 FM, que les équipes sur le terrain ne colmataient que les nids-de-poule identifiés par la requête, ce qui a fait dire à la conseillère Louise Boudrias qu’il y a «quelqu’un, quelque part, qui ne dit pas la vérité aux citoyens». Mme Boudrias affirme ne pas mettre en doute l’information qu’elle reçoit de l’administration, mais estime «normal de poser des questions si ce n’est pas fait sur le terrain». 

Les données partagées par M. Tessier démontrent que le service 3-1-1 a enregistré 1968 requêtes pour des nids-de-poule depuis le 1er janvier, alors que 13 052 ont été colmatés. À Ottawa, les données obtenues par Le Droit cette semaine parlent de 23 686 nids-de-poule colmatés depuis le début de l’année.  

Actuellement, neuf réchauds pour l’asphalte sillonnent les rues de Gatineau, en plus de quatre camions six roues munis d’une boîte pour l’asphalte chaud. Ce sont donc 13 équipes de cols bleus dédiées aux nids-de-poule qui sont sur le terrain. À cela s’ajoute une firme privée à qui la Ville a octroyé un contrat de 99 900 $ pour réaliser 200 heures de colmatage dans les secteurs Hull et Gatineau. 

Interpellé par Le Droit, le président du syndicat des cols bleus a affirmé que le message de la direction de la Ville sur la façon d’intervenir sur le terrain a été précisé aux employés il y a trois semaines. «Mais sur le terrain, il y a eu des contremaîtres qui n’ont pas nécessairement suivi les directives, a affirmé M. Savard. Il faut dire qu’il y a un paquet de nouveaux contremaîtres qui n’ont pas beaucoup d’expérience qui vient d’arriver. Le service des travaux publics semble avoir repris le dossier et ça va aller mieux. Le message envoyé par le chef de division a été clair.»

M. Tessier a précisé que les services municipaux connaissent bien les endroits où se trouvent les nids-de-poule récurrents sur les grandes artères de Gatineau. Ces derniers font partie d’une liste de priorité. Pour les rues locales et les collectrices, M. Tessier invite les citoyens à faire des requêtes au 3-1-1. «Ça aide beaucoup les opérations», dit-il. 

Gatineau dispose cette année d’une plus grande force de frappe, ajoute le président du comité exécutif. «Si je regarde nos effectifs, je suis beaucoup plus confortable cette année, elle est plus grande que l’an passé», dit-il. Le nombre moins important d’opérations de déneigement cette année aide aussi. De fait, près de 5000 nids-de-poule de plus ont été déjà colmatés par rapport à l’an passé à la même période. 

«Je suis satisfaite de l’information, qu’on a des équipes sur le terrain, de l’achat de camions et de l’asphalte chaud, a lancé Mme Boudrias. On doit être capable de faire les travaux et l’avenir nous dira si c’est selon les attentes des citoyens.» La conseillère souhaite par ailleurs que le message de la Ville auprès de ceux qui dirigent les opérations sur le terrain ait été suffisamment clair. «Moi, je veux m’assurer que si on va dans une rue, qu’on répare tous les nids-de-poule de la rue, c’est ça qui répond aux attentes des citoyens», a-t-elle ajouté.