Le dossier du financement des camps de jour offerts par la Ville pourrait refaire surface cet automne.

Gatineau pourrait augmenter son aide aux services communautaires

Confrontés à une augmentation démographique importante, notamment dans l’ouest de la ville, et en vertu des engagements du programme du conseil municipal, les élus gatinois devront se pencher, cet automne, lors de l’étude du budget, sur une augmentation de l’aide financière destinée aux organismes communautaires.

L’administration municipale a présenté, mardi, en comité plénier, le bilan du Cadre de soutien au développement des communautés. Une somme de 1,5 million $ a été versée à 126 organismes en 2018 pour différentes activités communautaires destinées aux aînés, aux jeunes et à différents projets liés au développement des communautés. La Ville évalue que pour chaque dollar public investi dans le Cadre de soutien, l’organisme qui reçoit dépense 4,30 $. Près du 3/4 de l’enveloppe municipale a cependant été dépensée dans les secteurs de Hull et Gatineau. Un maigre 12 % des subventions octroyées l’ont été dans le secteur Aylmer, malgré la forte croissance démographique du secteur.

Le service des loisirs, des sports et du développement des communautés prévient le conseil qu’une pression croissante du milieu communautaire se fait de plus en plus sentir. Si le conseil n’augmente pas son aide, l’administration sera dans l’obligation de refuser de plus en plus de demandes.

« Le montant n’a pas augmenté depuis des années et on a beaucoup de pression des organismes, associations de quartier et de gens présents sur le terrain qui fonctionnent avec les mêmes subventions depuis des années, alors oui, c’est un enjeu et j’espère qu’on pourra faire un premier pas à l’étude du budget, a affirmé le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. L’argent ne pousse pas dans les arbres, il y aura des choix à faire, mais celui-là, on le connaît depuis des années et ça commence à presser. »

Camps de jour
C’est dans ce contexte que le dossier des camps de jour offerts par la Ville pourrait refaire surface cet automne. Leur financement avait fait l’objet d’une première réflexion, il y a deux ans. Certains élus proposaient de transférer l’argent aux organismes déjà présents dans ce domaine pour qu’ils assurent la responsabilité de ce service. L’idée est morte au feuilleton et le statu quo a été conservé.

« L’important c’est d’offrir la même qualité de service à nos citoyens, mais il y aurait certainement des économies à faire en finançant des places à travers des organismes communautaires, soutient la conseillère Louise Boudrias. Tout est dans la façon de faire les choses, mais il y a moyen de conserver ce service important à la population tout en permettant à nos organismes de survivre et en offrant plus de choix aux citoyens. »

Le maire Pedneaud-Jobin se montre aussi ouvert à étudier différents modèles de financement des camps de jour. « La philosophie du faire faire est parfois plus intéressante, dit-il. C’est clair que si des groupes dans des quartiers sont capables de le faire, ça peut être plus intéressant parce que ça donne une offre plus vaste. Mais il faut voir le résultat final. L’un des succès des camps de jour municipaux c’est qu’ils rejoignent la population au complet. On y retrouve des jeunes de tous les niveaux socio-économiques. Le but n’est pas de se désengager, mais s’il y a des propositions concrètes de gens dans la communauté, ce n’est pas la même dynamique. On ne se débarrasse pas de quelque chose, on profite d’une occasion qui nous est offerte. C’est différent. »

Mme Boudrias précise qu’une rencontre doit avoir lieu prochainement avec un organisme qui se dit prêt remplir ce mandant dans un territoire donné de la ville. Ça pourrait, selon elle, faire l’objet d’un bon projet pilote. « On pourrait ensuite faire un appel d’intérêt auprès d’organismes pour un certain nombre de places dans des camps de jour », ajoute la conseillère.