Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a rencontré les médias, mardi.

Gatineau pourrait augmenter le nombre de collectes d'encombrants

En plus de l’instauration de la gratuité pour le dépôt d’encombrants au centre de transbordement, la Ville de Gatineau évalue la possibilité d’augmenter la fréquence des collectes de ces gros déchets, qui ne se font plus que quatre fois par année.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a rencontré les médias, mardi, pour faire le point sur les sujets ayant fait les manchettes au cours de l’été et sur ceux qui seront à l’ordre du jour des prochains mois au conseil municipal.

L’ampleur de la grogne suscitée par la réduction – de 26 à quatre – du nombre annuel de collectes de déchets encombrants a surpris, a admis M. Pedneaud-Jobin.

En vigueur depuis la mi-juillet, la nouvelle règlementation a généré des dépôts illicites aux quatre coins de la ville. « On savait qu’il y aurait un certain nombre de dépôts sauvages, a souligné le maire. On savait que quand on fait des changements comme ça, ça ne vient pas toujours facilement, mais évidemment, il y en a eu plus que ce qu’on avait prévu. »

Des « ajustements » sont donc prévus. Un avis de présentation pour que le dépôt d’encombrants au centre de transbordement du boulevard de la Carrière devienne gratuit (au lieu de 50 $) doit avoir lieu ce jeudi, lors d’un conseil municipal spécial. Le tout devra ensuite être approuvé lors de la réunion du conseil de mardi prochain, a fait savoir le maire.

Ce dernier a aussi demandé à la direction générale « de chiffrer une éventuelle augmentation du nombre de collectes ». M. Pedneaud-Jobin se veut « prudent » à cet égard, car il importe de ne pas perdre de vue l’objectif premier qui est de réduire la quantité de matières envoyées à l’enfouissement, a-t-il dit.

Scénarios

Différents scénarios seront ainsi explorés, en analysant entre autres si l’enjeu de la collecte des encombrants est plus criant en période estivale.

Le tout devra être soumis à la commission sur l’environnement, dont la prochaine rencontre a lieu en septembre. Mais le maire doute qu’une seule réunion suffira pour que la commission se prononce.

Sans prendre l’engagement formel que le nombre de collectes d’encombrants sera revu à la hausse, le maire estime qu’il s’agit d’« une des avenues intéressantes ». 

La Ville souhaite aussi accélérer le processus visant à élargir les heures d’ouverture du centre de transbordement et des écocentres, une solution qui prendra toutefois un certain temps en raison d’un « enjeu de ressources humaines », a précisé Maxime Pedneaud-Jobin.

Le maire a par ailleurs souligné que la responsabilité des « dépôts sauvages » observés depuis la mi-juillet doit être partagée entre la Ville et les citoyens. « On peut en demander beaucoup au citoyen, mais il faut l’accompagner et il faut qu’on améliore notre accompagnement, croit-il. Mais il reste que le citoyen a une responsabilité aussi. »

Futurs bacs de 120 litres

L’arrivée éventuelle d’une limite de 120 litres d’ordures ménagères toutes les deux semaines ne devrait pas générer autant de mécontentement que les changements apportés pour les encombrants, estime M. Pedneaud-Jobin. Les citoyens auront droit à « une année de pratique » sans tarification pour les excédents d’ordures ménagères, a-t-il indiqué en précisant que la Ville pourra, pendant ce temps, faire au besoin les ajustements nécessaires.

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LA VOIX DE PHYLLIS LAMBERT « DOIT ÊTRE ENTENDUE »

Une semaine avant le vote «extrêmement important» sur la citation patrimoniale du quartier du Musée, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, invite ses collègues du conseil municipal à considérer le point de vue exposé par la fondatrice du Centre canadien d’architecture, Phyllis Lambert. 

Dans une lettre ouverte publiée dans notre édition de lundi qu’elle a cosignée avec le sénateur Serge Joyal, Mme Lambert affirme que les tours de 35 et 55 étages que souhaite ériger Brigil porteraient un «coup mortel» au quartier du Musée.

«Phillys Lambert, ce n’est pas n’importe qui, a souligné M. Pedneaud-Jobin. Elle est à l’urbanisme ce que, disons, David Suzuki est à l’environnement. C’est une voix qui doit être entendue, qui doit être écoutée [...] d’autant plus que ce projet-là est possible ailleurs. Moi, je pense que c’est une contribution qui est importante et j’espère que les élus vont en tenir compte. Pour le reste, c’est la démocratie qui va s’exprimer mardi prochain.»

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DIMINUER LES RISQUES D'INONDATIONS

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a demandé qu’un rapport soit préparé pour dresser le portrait de la situation dans chacun des quartiers ayant été touchés par les inondations survenues à la fin juillet. 

La Ville devra ainsi «documenter» le phénomène afin de réagir rapidement et prévenir des inondations à répétition à certains endroits. 

Le maire a souligné que certaines mesures peuvent être mises en place rapidement, mais il s’agit davantage de «plus petites actions à court terme qui ne règleront pas les problèmes de tous les quartiers». 

Les plus gros problèmes nécessitent évidemment de «gros montants», a rappelé le maire en rappelant que des choix devront être faits par les élus. «Les solutions là-dedans ne sont pas que sur les épaules de la Ville», a-t-il précisé, en ajoutant que les changements climatiques viennent changer la donne. 

«Il y a des endroits où les infrastructures étaient adéquates, et à l’évidence, elles ne le sont plus», a-t-il mentionné. Le maire prévoit aussi rencontrer des citoyens touchés par ces plus récentes inondations. Il s’est par ailleurs montré à l’aise de ne pas avoir interrompu ses vacances pour être sur le terrain lors des pluies du 25 juillet. 

«Au moment de la crise, j’ai fait le choix de m’assurer que les décisions se prennent et elles ont été prises. J’étais en communication avec mon cabinet constamment et avec la direction générale.»

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CHOIX BUDGÉTAIRES À VENIR

L’automne rimera comme chaque année avec discussions budgétaires autour de la table du conseil municipal de Gatineau. 

Le rattrapage dans les investissements pour les infrastructures sera notamment à l’ordre du jour, car la Ville peine chaque année à lancer la totalité des chantiers prévus. 

C’est entre autres le cas pour les travaux visant à enrayer le problème de l’eau brune qui afflige des milliers de citoyens aux quatre coins de la ville, qui devraient être lancés l’an prochain alors qu’ils devaient initialement commencer l’an dernier. 

«Quand on dit 1,3 milliard$ de rattrapage à faire dans les infrastructures, ce n’est pas de la théorie, a souligné le maire, Maxime Pedneaud-Jobin. Ce sont de vraies résidences qui ont de vrais problèmes. Des fois, c’est de l’eau jaune, des fois c’est de l’asphalte qui est tout cassé, d’autres fois ce sont des inondations. Les infrastructures, ça reste la principale menace à la santé financière de la Ville.» 

Le maire de Gatineau profitera de la campagne électorale provinciale pour rappeler aux différents partis que les municipalités doivent pouvoir diversifier leurs revenus. M. Pedneaud-Jobin entend aussi se servir d’un récent article du Devoir soulevant des statistiques du dernier recensement faisant état d’une congestion routière plus intense à Gatineau qu’à Québec pour interpeller les différents candidats. 

«Je vais rappeler allègrement à tous les partis que s’ils sont pour investir des millions, sinon des milliards à Québec, le problème est pire chez nous, alors on espère avoir le même enthousiasme de l’ensemble des partis chez nous.»