La conseillère et présidente de la Commission permanente sur l'habitation, Myriam Nadeau.

Gatineau pourra imposer du logement social dans les projets privés

Une surprise attendait Gatineau lors de l'adoption du projet de loi 122, jeudi, à l'Assemblée nationale. Sa demande de pouvoir inclure du logement social, abordable ou familial dans les projets résidentiels privés a fait l'objet d'un amendement et se retrouve dans la loi qui reconnaît aujourd'hui les municipalités comme des gouvernements de proximité.
« Gatineau est la seule ville à avoir fait cette demande dans le cadre du projet de loi 122, a rappelé le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Ça faisait des années que les groupes de logement demandaient qu'on puisse imposer des logements abordables dans les projets privés. Myriam Nadeau travaillait depuis un bon moment là-dessus. On peut dire aujourd'hui qu'on a eu l'amendement Nadeau. »
Dans les faits, la nouvelle loi sur l'autonomie municipale permettra à Gatineau d'adopter un règlement municipal lui permettant de forcer des promoteurs immobiliers à construire un certain nombre de logements abordables à l'intérieur de leurs projets, à défaut de quoi ils devront offrir une compensation financière à la Ville. 
« Un règlement nous permettra de l'imposer, mais je crois qu'il doit toujours y avoir une période de négociation avant, indique le maire. Ce ne sont pas tous les projets de constructions qui se ressemblent. On ne demandera pas un étage de logements sociaux dans une tour à condominium de luxe. C'est là que la compensation entre en jeu. L'encadrement de tout ça devra être précisé dans un règlement. »
Le maire précise que la Ville discutera avec les promoteurs immobiliers avant la rédaction de son nouveau règlement afin que ces derniers puissent avoir un mot à dire.
« Le logement est le meilleur outil pour combattre la pauvreté, rappelle M. Pedneaud-Jobin. Je n'ai donc pas d'hésitation à imposer une mesure comme celle-là. Il faut juste le faire comme il faut avec nos partenaires du privé. Ça va mener à plus de mixité dans les quartiers. Pour une ville d'immigration comme la nôtre, ça sera un outil important pour l'intégration économique des immigrants. C'est une mesure importante pour notre avenir. »
Plus de pouvoirs aux maires
Le projet de loi sur l'autonomie municipale, adopté jeudi, permet aussi l'abolition des référendums.
Le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, est parvenu à faire adopter son projet de loi 122 avant la fin de la session parlementaire.
Il s'agit de la « plus grande décentralisation de pouvoirs vers les municipalités de notre histoire », a clamé le ministre Coiteux. « Ça veut dire la fin du paternalisme, a-t-il ajouté. La fin du temps où le gouvernement disait aux villes quoi faire, quand le faire et comment le faire. »
La loi prévoit qu'une municipalité n'aura plus à se soumettre à l'approbation référendaire en matière d'urbanisme si elle s'est dotée d'une politique de consultation citoyenne. Elle hausse à 100 000 $ le plafond autorisé pour l'octroi d'un contrat de gré à gré et met fin à l'obligation de faire paraître les avis publics dans les journaux locaux. 
« Les élus locaux vont être redevables davantage vis-à-vis de leurs citoyens, et moins vis-à-vis le gouvernement », a déclaré M. Coiteux.
Avec Le Soleil