Les retards accumulés au fil des ans dans la construction de logements sociaux à Gatineau forcent la Ville à investir 3 millions $ de plus afin de faire face à l'augmentation des coûts de construction.

Gatineau pige dans ses surplus pour les logements abordables

Les retards accumulés au fil des ans dans la construction de logements sociaux à Gatineau forcent la Ville à investir 3 millions $ de plus afin de faire face à l'augmentation des coûts de construction.
La Ville évalue, depuis 2006, les coûts de construction par unité de logement à 16 500 $, alors qu'en réalité, ce coût atteint maintenant 19 500 $. 
Depuis 2013, Gatineau a réservé un peu plus de 21 millions $ pour financer sa part (15 %) dans la construction de ces logements en partenariat avec le gouvernent du Québec et les organismes communautaires. 
Afin de respecter ses engagements et faire baisser la pression sur les organismes qui doivent souvent essuyer le manque à gagner, le conseil a adopté, mardi, une résolution permettant de puiser le somme de 3 millions $ dans différents surplus accumulés par la Ville de Gatineau.
Guerre de mots sur Place des festivals
L'octroi d'un montant de 50 000 $ à la corporation Place des festivals s'est transformé en une véritable guerre de mots, mardi soir, en pleine séance du conseil municipal, entre l'élu d'Action Gatineau, Cédric Tessier, et la conseillère indépendante, Louise Boudrias.
Les six élus d'Action Gatineau ont été les seuls à s'opposer à l'adoption de la résolution. Visiblement ulcéré au terme du vote, le conseiller Cédric Tessier a accusé le conseil de donner «un beau gros cadeau» sans condition à la corporation. «Il y a un protocole d'entente entre la Ville et Place des festivals qui se termine le 31 décembre 2017, a-t-il rappelé. On vient de donner 50 000 $ pour l'année 2018, sans négociation, sans analyse, pour que Place des festivals puisse faire ce qu'elle veut avec l'argent.»
La présidente de Place des festivals, Louise Boudrias, a immédiatement accusé le maire Maxime Pedneaud-Jobin et son parti de vouloir mettre des bâtons dans les roues de la corporation. «Ça fait quatre ans qu'on travaille sur ce projet, a-t-elle précisé. Nous avons l'appui du conseil et on pensait avoir celui du maire. Aujourd'hui, la vérité vient de sortir. Le maire n'appuie pas ce projet et Action Gatineau tente de nous mettre des bâtons dans les roues plutôt que de travailler avec nous.»
Le montant qui sera versé à la corporation servira à préparer des analyses plus poussées du type d'animation qui pourrait avoir lieu à Place des festivals. Des analyses de marché et des études de retombées économiques seront aussi produites afin de convaincre le gouvernement du Québec de financer ce projet. 
Place des festivals tente aussi de convaincre la Commission de la capitale nationale (CCN) de lui permettre de s'installer au parc Jacques-Cartier, mais sans grand succès. La CCN n'a jusqu'ici démontré que très peu d'intérêt pour Place des festivals. Une offre pour développer un projet pilote a été proposée il y a plusieurs mois, mais il n'y a eu aucun développement depuis.