Les Forces armées continueront d'aider les citoyens de Gatineau, mardi.

Gatineau n'enlèvera pas «un grain de sable» avant d'être rassurée

Les prévisions se suivent mais ne se ressemblent pas pour les riverains de l’Outaouais, qui doivent demeurer sur leurs gardes alors que les pointes attendues au cours des prochains jours pourraient être semblables aux niveaux observés en mai 2017.

À la fin mars, rien ne laissait présager que l’eau envahirait des rues dans la région. Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, souhaitait même que le printemps soit « le plus plate possible ».

Le discours a radicalement changé depuis, la platitude n’étant de toute évidence pas au rendez-vous. « On n’enlève pas un grain de sable avant d’avoir la garantie qu’il n’y aura pas de deuxième vague [d’inondations] », a lancé le maire lors de la visite du premier ministre François Legault au Centre de coordination des mesures d’urgence de la Ville, lundi après-midi.

Après avoir anticipé des pointes atteignant le niveau de mai 2017 pour le début de la présente semaine, la Ville de Gatineau a observé une hausse moins intense que prévue des niveaux d’eau, qui ressemblent davantage à ceux de la première vague des inondations du printemps 2017.

Une répétition du cauchemar de mai 2017 fait toutefois toujours partie des probabilités, selon les prévisions publiées lundi en fin de journée par le Comité de régularisation de la rivière des Outaouais (CRRO).

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« Les débits et niveaux d’eau de la rivière des Outaouais devraient connaître une hausse additionnelle dans les prochains jours en raison de la fonte des neiges qui s’accroit et des précipitations de 15 à 50 millimètres qui sont prévues pour le centre et le nord du bassin versant », a indiqué le comité.

Les seuils d’inondations majeures devraient donc être dépassés « à partir de mercredi » et les pointes « pourraient être semblables aux niveaux observés lors de la crue de mai 2017 », croit le CRRO, en précisant que ces prévisions « sont assujetties à des facteurs d’incertitude ».

À la hauteur de Pembroke (à une heure et demie de route au nord-ouest d’Ottawa), le niveau de la rivière des Outaouais pourrait par exemple atteindre, samedi, une pointe supérieure de 17 centimètres à celle de 2017.

La Ville de Gatineau invite ainsi ses résidents « à demeurer vigilants », alors que certains secteurs sont déjà lourdement touchés. Sur la rue Saint-Louis, à l’angle de la rue René, la chaussée était par exemple recouverte, lundi, d’une soixantaine de centimètres d’eau.

Les autorités municipales notent que « malgré la lente montée des rivières », les citoyens des zones à risque doivent donc « prendre les mesures nécessaires pour assurer leur sécurité et protéger leur résidence ».

 Lundi en fin d’après-midi, 70 ménages regroupant un total de 145 personnes s’étaient inscrites au registre des sinistrés de la Ville. Les citoyens qui évacuent leur résidence doivent s’inscrire soit en se présentant au centre des sinistrés du centre communautaire Jean-René-Monette, soit en appelant au 311 (option 6).

Le moral tient le coup

Sur le terrain, le moral des riverains semblait tenir le coup au cours de la journée ensoleillée de lundi. Sur la rue de Versailles, dans le secteur Gatineau, la petite Juliane Gougeon s’amusait avec ses bottes de pluie dans l’eau qui recouvrait une bonne partie de rue. Son père, Mario Gougeon, observait le va-et-vient dans le secteur sans trop s’inquiéter pour sa résidence à ce stade-ci.

Un peu plus à l’est, sur le boulevard Hurtubise, Mario Gauthier observait l’eau assis devant sa résidence entourée de quelque 1500 sacs de sable, à quelques mètres d’une chaloupe prête à utiliser si la rivière des Outaouais se met à gagner davantage de terrain. Les autorités municipales ont procédé à l’enrochement d’une partie du boulevard, ce qui permet aux véhicules de continuer à y circuler.

M  Gauthier a dû utiliser « pas mal moins » de sacs de sable qu’en 2017, entre autres grâce aux travaux qui ont permis de soulever sa maison de 22 pouces. « J’ai levé ma maison et je suis rendu avec un solage hydrofuge, a-t-il fait savoir. En théorie, je ne devrais même pas avoir besoin de sacs de sable. »