La conseillère Louise Boudrias, le maire Maxime Pedneaud-Jobin et les conseillers Cédric Tessier et Jocelyn Blondin ont visité le chantier du boulevard Saint-Joseph.

Gatineau lance les travaux sur le boulevard Saint-Joseph

Réputé pour être l’une des pires routes de tout le Québec grâce au palmarès annuel du CAA, le boulevard Saint-Joseph amorce une longue renaissance qui fera pâtir automobilistes et commerçants jusqu’en 2022.

La Ville de Gatineau a procédé, lundi, au lancement des travaux de la première phase d’un des plus importants chantiers routiers depuis la fusion municipale. D’ici cinq ans, le boulevard Saint-Joseph sera complètement refait à neuf entre les boulevards Alexandre-Taché et Saint-Raymond. Le coût prévu des travaux est de 78 millions $. Ils comprendront le remplacement en entier des conduites d’égout et d’aqueduc, la réfection de la fondation même de la route, l’asphaltage et un tout nouvel aménagement de surface plus convivial pour les piétons et les cyclistes.

« Ça fait longtemps qu’on prépare ça, a lancé le maire Maxime Pedneaud-Jobin. C’est un des grands projets pour Gatineau qui va permettre de revitaliser tout le quartier et de réparer une route qui avait bien besoin d’amour. C’est un grand chantier qui était devenu nécessaire. On aura ensuite une rue qui vise la mobilité durable. Ce sera une rue d’ambiance qui va permettre d’attirer des commerces et de dynamiser ceux qui sont déjà là. Au lieu d’être une séparation pour le quartier, ça va devenir un outil pour l’intégrer dans son ensemble. »

« Rue complète »

Si pour l’instant la réfection du boulevard Saint-Joseph se résume d’importants travaux qui s’étendront sur cinq ans, ce chantier s’inscrit en réalité dans une revitalisation bien plus large de tout ce secteur de Hull. D’ici quelques années, l’Université du Québec en Outaouais (UQO) devrait avoir centralisé son offre académique à l’extrémité ouest du boulevard Saint-Joseph, au campus Alexandre-Taché.

Un important projet résidentiel de 300 unités est aussi envisagé par le groupe Kevlar à l’angle du boulevard Montclair. Le projet Bloome pourrait comprendre jusqu’à trois édifices, dont un, de 30 étages si la Ville accepte de modifier le zonage du site actuellement limité à dix étages. Une telle densification dans le secteur viendrait assurément donner un second souffle aux commerces environnants et aux Galeries de Hull dont l’offre périclite depuis le départ du Sears.

Le nouveau boulevard Saint-Joseph proposera aussi un nouveau concept d’aménagement urbain à Gatineau ; la « rue complète », qui mise sur le partage de la route entre les vélos, les piétons et les automobilistes.

Le maire Pedneaud-Jobin dit s’attendre à ce que les commerçants du secteur voient cette importante dépense municipale comme un levier pour investir à leur tour dans leur commerce. « La beauté attire la beauté, a-t-il dit. Quand des villes investissent comme ça pour refaire un boulevard, ça donne le goût d’investir aussi dans les commerces. Ce n’est pas juste une rue qu’on refait, c’est tout un quartier qui sera revitalisé économiquement. La qualité de vie ici sera bien meilleure. »

Des surprises à prévoir

La Ville de Gatineau est consciente des impacts négatifs que les entraves à la circulation auront sur les commerces, mais tous les politiciens qui étaient réunis pour le lancement des travaux s’entendent pour dire que ces travaux doivent être faits.

Le maire Pedneaud-Jobin a précisé que les commerçants seront représentés à un comité de travail formé pour s’assurer que l’information circule bien entre la Ville et ces derniers. « C’est une période extrêmement difficile quand on creuse, mais c’est le prix à payer et je suis convaincu que tout le monde et les commerçants vont en profiter quand les travaux seront terminés. »

Les conseillers Jocelyn Blondin et Cédric Tessier ne semblaient pas être au diapason lors de la conférence de presse sur le coût final des travaux. M. Blondin a dit s’attendre à ce que les coûts augmentent avec le temps. M. Tessier l’a repris en indiquant que l’enveloppe prévue est de 78 millions $. Ce dernier s’attend toutefois à « des surprises ». « Ce sont des travaux énormes, a-t-il dit. L’égout qu’on va remplacer a 100 ans. Il va y avoir des surprises, c’est sûr. »

DES TRAVAUX SALUTAIRES POUR LE RUISSEAU DE LA BRASSERIE

Le remplacement de l’égout combiné sous le boulevard Saint-Joseph aura un impact direct sur la qualité de l’eau du ruisseau de la Brasserie puisque les vieilles canalisations actuellement en place y déversent régulièrement leurs rejets sanitaires et pluviaux. 

À terme, c’est une immense conduite desservant tout le secteur contenu entre le boulevard Saint-Joseph, de la rue Laramée au boulevard Saint-Raymond, et du ruisseau jusqu’au boulevard Moussette, et dont les rejets lors des fortes pluies ou de la fonte des neiges sont documentés, qui sera remplacée. 

« Ça aura un gros impact sur le ruisseau », a indiqué le conseiller Cédric Tessier, sans toutefois être en mesure de le quantifier. 

À l’automne 2017, Sentinelle de la rivière des Outaouais publiait des données accablantes sur le niveau de pollution du ruisseau. 

À certains endroits, le niveau de polluant dans l’eau est qualifié d’« extrêmement élevé » et impropre à des activités nautiques sécuritaires. 

Des pointes à 20 000 particules d’E. Coli par millilitre d’eau ont été enregistrées dans le cours d’eau sous la rue Montcalm. 

Le seuil maximal pour pratiquer une activité nautique est de 2000 particules par millilitre.