« Ce qui s'est passé depuis trois ans à Gatineau est magistral, c'est majeur dans une organisation comme la vôtre», a lancé Michelle Desrosiers de la firme RCGT.

Gatineau la performante

La Ville de Gatineau est passée d'une organisation sclérosée, inefficace et montrant des lacunes importantes en matière de gestion et de planification à l'une des municipalités les plus performantes de la province au cours du dernier mandat, assure la firme d'experts Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT).
La même firme brossait un portrait très négatif de la performance de l'administration municipale en 2012. Le rapport qui en a découlé avait donné d'importantes munitions à Maxime Pedneaud-Jobin pour attaquer l'ex-maire Marc Bureau lors de la campagne électorale de 2013. Ce dur constat a mené à la création de la commission de révision des dépenses et des services, ainsi qu'à l'amorce d'un changement de culture en profondeur dans l'administration.
Le bilan
L'heure était au bilan, mardi, sur le travail effectué depuis cinq ans pour améliorer l'efficacité de la Ville, mais contrairement au dernier mandat, les adversaires du maire en place avaient bien peu à se mettre sous la dent en prévision de la bataille électorale à venir.
« Ce qui s'est passé depuis trois ans à Gatineau est magistral, c'est majeur dans une organisation comme la vôtre, a lancé Michelle Desrosiers de la firme RCGT. Les organisations publiques qui s'inscrivent dans une démarche d'amélioration continue n'arrivent habituellement pas à soutenir le même rythme. Le rythme maintenu ici est tout à votre honneur. L'organisation a vraiment évolué. C'est assez impressionnant ce qu'on constate. Il y a eu un leadership assumé, malgré toutes les turbulences d'un environnement politique. Si Gatineau poursuit sur sa lancée, elle va rapidement remporter les plus grands prix et les grandes mentions pour la qualité de son organisation. »
La firme RCGT note aussi que la Ville de Gatineau se classe au 2e rang pour les villes qui dépensent le moins per capita pour le fonctionnement de son organisation. « C'est excellent, a indiqué Mme Desrosiers. Vous êtes dans le peloton de tête. »
Des améliorations importantes demeurent toutefois à réaliser, notamment dans le processus décisionnel qui est encore « lourd et coûteux » selon RCGT. 
« Ce n'est pas nécessairement négatif, on consacre beaucoup d'énergie pour la préparation des dossiers, mais il faut être conscient que cela a un effet sur l'utilisation des ressources », a indiqué Mme Desrosiers. 
Les changements à venir dans le fonctionnement des comités et des commissions devraient fournir certaines des améliorations recherchées au courant du prochain mandat.
« Peu de résultats concrets », selon Goneau
Les termes élogieux utilisés par la firme Raymond Chabot Grant Thornton, mardi, n'ont pas convaincu la candidate à la mairie, Sylvie Goneau. 
Cette dernière reconnaît que des pas en avant ont été faits, mais elle se refuse à dire que le maire Maxime Pedneaud-Jobin a livré la marchandise. « À date, il y a très peu de résultats concrets pour répondre aux doléances de nos citoyens, a-t-elle lancé. On ne voit pas les gains. On ne voit pas comment ça aide à réduire l'augmentation des taxes ou comment cela nous aide à faire de meilleurs choix politiques. » La révision enclenchée par la Ville a jusqu'à maintenant permis de dégager 13,1 millions $ d'économies récurrentes.
Même si Gatineau affiche le plus haut taux de satisfaction (82 %) de ses citoyens par rapport aux services qu'ils reçoivent, Mme Goneau affirme qu'il reste encore beaucoup trop d'insatisfaits, tant chez les entrepreneurs que chez les résidents. « Il ne faut pas attendre que les gens deviennent insatisfaits pour aller de l'avant et améliorer les choses », dit-elle. 
Le président de la commission de révision des dépenses et des services, Maxime Tremblay, reconnaît que les changements se sont faits en accélérés à Gatineau et que cela a mis une pression importante sur l'administration. « Il fallait faire les premiers pas pour avancer », note-t-il.