Gatineau exhortée à davantage consulter ses citoyens

Malgré l'existence d'une culture de participation citoyenne à Gatineau, bon nombre de gens considèrent que les dés sont pipés à l'avance. Dans cette optique, la Ville doit réviser sa procédure de consultation publique afin que les contribuables soient davantage consultés pour tout projet d'envergure, conclut le rapport de la Commission sur l'implication du milieu, déposé hier par le Bureau de l'ombudsman.
Au terme de l'enquête qui s'est amorcée en 2011, un total de trois recommandations a été fait à l'administration municipale, soit d'engager un débat public en vue d'améliorer et accroître la participation citoyenne, de déployer les efforts en vue d'intégrer les citoyens et organismes le plus tôt possible dans l'élaboration des projets afin de maintenir leur participation tout au long du processus et de faire un suivi avec les citoyens sur leur contribution à ces diverses consultations et les décisions prises en conséquence.
Fait à noter, selon le sondage effectué par la Commission, si plus de la moitié des citoyens sont satisfaits de l'information fournie avant et pendant les consultations, 75 % d'entre eux se déclarent insatisfaits ou très insatisfaits de l'information fournie sur le suivi donné par la municipalité.
Quant aux employés municipaux interrogés, ils croient que plusieurs détails peuvent exacerber la frustration des contribuables, tels que l'envoi tardif des invitations, le temps de parole trop court et la mise à disposition des documents à la dernière minute.
Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a accueilli favorablement le dépôt du rapport de 40 pages, disant partager entièrement les conclusions auxquelles en sont venues les commissaires.
« Ça rejoint des préoccupations que j'ai depuis longtemps sur les mécanismes en place, sur le fait que l'on pourrait consulter plus en amont et qu'on doit faire un retour aux gens sur ce qu'a donné leur participation aux consultations. C'est un rapport extrêmement fouillé, je dirais que c'est l'un de ceux qui va le plus loin depuis que je siège au conseil municipal. »
Selon lui, Gatineau dispose de tous les moyens pour apporter rapidement les correctifs nécessaires afin d'inclure dans ses méthodes certains aspects actuellement absents.
« Pour moi, c'est une préoccupation constante, ce n'est pas vrai qu'on va attendre un an avant d'améliorer nos pratiques », a-t-il lancé.
À moyen terme, les élus ont donné comme mission aux services municipaux de se pencher sérieusement sur la possibilité d'implanter un office indépendant pour la gestion de l'ensemble des consultations publiques. Cependant, le tout devra se faire à coût nul, prévient le maire Pedneaud-Jobin, qui a nuancé sa position sur ce dossier.
« Moi, à coût nul, je suis tout à fait intéressé par ce mécanisme, mais avant d'aller plus loin, il faut que ce soit analysé par nos services. Est-ce que ça alourdira la machine ? Est-ce que ce sera très, un peu ou pas beaucoup indépendant ? », a-t-il dit.
La présidente de la Commission, Julie Pelletier, n'a pas caché qu'il était souhaitable qu'un tel mécanisme soit mis sur pied, mais que la balle était dans le camp des élus.
De 2005 à 2012, 130 consultations grand public et visant une clientèle ciblée ont été organisées à Gatineau, qui s'est dotée il y a presque une décennie d'un Cadre de référence en matière de participation des citoyens aux affaires municipales.