La préservation du patrimoine devrait retenir passablement d’attention, mardi, à la table du conseil municipal de Gatineau.

Gatineau évaluerait la création d’un conseil local du patrimoine

La préservation du patrimoine devrait retenir passablement d’attention, mardi, à la table du conseil municipal de Gatineau. Les discussions s’articuleront d’abord autour d’un vote important dans le dossier du projet du 22, rue Principale, dans le Vieux-Aylmer, mais le débat s’étendra par la suite à tout le secteur.

Les élus seront appelés à voter sur un projet de règlement visant à identifier les lignes directrices d’un futur plan particulier d’urbanisme (PPU) pour le Vieux-Aylmer. La conseillère du quartier, Audrey Bureau, proposera aussi la création d’un Conseil local du patrimoine, une nouvelle structure dont la responsabilité spécifique serait essentiellement de faire appliquer la réglementation municipale en matière de protection du patrimoine.

Cette tâche est actuellement dévolue au comité consultatif de l’urbanisme (CCU). La Loi sur le patrimoine culturel, entrée en vigueur en 2012, invite toutefois les villes à se doter d’une telle infrastructure. « Ça nous assurerait une plus grande expertise en matière de patrimoine, explique Mme Bureau. Ça nous donnerait une plus grande sensibilité au patrimoine quand vient le temps d’émettre des recommandations au conseil. Ce n’est pas une critique envers le CCU, c’est plutôt l’ajout d’une ressource. »

Des villes comme Québec et Val-d’Or ont déjà un conseil local du patrimoine. La Ville de Longueuil a formé le sien il y a 25 ans. « Longueuil a beaucoup changé, pour le mieux, depuis la création de son conseil local du patrimoine, explique son président, le conseiller municipal à Longueuil, Éric Bouchard. Nos bâtiments patrimoniaux sont en bien meilleur état qu’ils ne l’étaient. Nous sommes plus précis sur les critères à respecter dans les secteurs patrimoniaux. Les gens qui siègent sur le conseil ont un intérêt particulier pour le patrimoine et l’histoire. Ils sont plus attentifs aux détails que c’est possible de l’être à l’intérieur d’un CCU qui applique essentiellement les codes réglementaires de base. »

Ainsi, à Longueuil, quand un citoyen souhaite changer les fenêtres d’une maison patrimoniale, c’est le conseil local du patrimoine qui est interpellé et qui doit aviser le conseil municipal de sa recommandation. Les aspects réglementaires liés au patrimoine passent tous par cette structure. « On va jusqu’à déterminer la couleur des joints de briques sur les maisons qui ont une protection patrimoniale, précise » M. Bouchard.

Le président de la Fédération histoire Québec et ancien président du CCU de Gatineau, Richard Bégin, affirme être ambivalent face à une telle proposition. Il n’est pas convaincu qu’il est sain d’isoler les questions patrimoniales du reste des analyses dans les dossiers d’urbanisme. « Tout dépendrait de la crédibilité de ce conseil, mais selon moi, il est important que l’architecture, l’urbanisme et le patrimoine se conjuguent simultanément et non pas séparément. »