L’avenir de la forêt Boucher était encore une fois au cœur des discussions du conseil municipal de Gatineau, mardi soir.
L’avenir de la forêt Boucher était encore une fois au cœur des discussions du conseil municipal de Gatineau, mardi soir.

Gatineau évaluera le coût de protéger 100 % de la forêt Boucher

La protection de 100 % de la forêt Boucher n’est pas exclue dans les années à venir. Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a assuré aux nombreux citoyens venus le réclamer, mardi, au conseil municipal, que la Ville allait « regarder ça ».

« On sait que la décision qui a été prise dans le passé était de protéger 75 % de la forêt, a rappelé le président de la Fondation de la forêt Boucher, Adrian Corbo. Ce qu’on ne sait pas c’est quels sont les coûts réels qui seraient associés à la protection des 25 % restants. Est-ce que le conseil peut s’engager à obtenir l’information afin de prendre une décision éclairée ? La communauté réitère son désir avec une voix forte de pouvoir protéger 100 % de la forêt. On demande un engagement du conseil à étudier cette question. »

L’intervention de M. Corbo a été suivie de plusieurs autres interventions de citoyens désireux de voir cette forêt urbaine protéger de tout développement commercial et résidentiel, tel que proposé publiquement par la conseillère d’Aylmer, Audrey Bureau, dans le temps des Fêtes. 

Une pétition de plus de 16 000 noms a d’ailleurs été déposée au conseil pour appuyer cette demande. 

Une résidente du quartier Witchwood, Véronique Courbet, a proposé que le coût associé à la protection de la totalité de la forêt puisse être amorti sur une période de 25 ans puisqu’il s’agirait, selon elle, d’un investissement dans le patrimoine naturel. 

Cette dernière a affirmé être inquiète de l’« effet domino » que pourrait créer le développement d’une partie de la forêt Boucher dans un quartier qui connaît déjà passablement de difficulté avec la gestion des eaux pluviales. « Dans le contexte des changements climatiques et d’une météo de plus en plus extrême, est-ce que la Ville peut envisager un moratoire sur la construction dans la forêt ? », a-t-elle demandé.

Évaluation des coûts demandée

Le maire Pedneaud-Jobin a rappelé qu’il a toujours été en faveur du principe de protéger la totalité de la forêt Boucher. 

Il a toutefois ajouté que le contexte légal actuellement en place pourrait faire en sorte que procéder à une expropriation du propriétaire de la partie ouverte au développement pourrait coûter beaucoup d’argent. 

« Le mandat d’évaluer le coût d’une expropriation a été donné à l’administration, a-t-il précisé. Mais dans un contexte d’expropriation, la loi protège plus les gens qui veulent faire des profits que les communautés qui veulent protéger des terrains comme ça. Ça peut coûter une fortune de le faire. On demande d’ailleurs des changements à la loi actuelle, comme le font la Ville de Montréal et l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Si la loi change, la décision du conseil pourrait aussi être différente. On ne parlerait plus du même montant. »

Le maire a ajouté que la grande parcelle de terrain qui appartient à la Ville de Gatineau dans la forêt Boucher et qui est actuellement aussi ouverte au développement résidentiel sera prochainement complètement protégée. 

« On a déjà donné le mandat à l’administration pour changer le zonage, a-t-il précisé. On ne fera pas construire de résidence là, on va donner à ce terrain un statut de protection plus fort. »