L’analyse de 18 terrains et bâtiments appartenant à la Ville a jusqu’ici été complétée, alors qu’une quinzaine d’autres immeubles identifiés en 2015 font toujours l’objet d’une étude plus poussée.

Gatineau évalue son parc immobilier

La Ville de Gatineau continue de faire le ménage dans l’inventaire de son parc immobilier. L’exercice annoncé par le maire Maxime Pedneaud-Jobin lors de son discours sur le budget 2015 a jusqu’ici rapporté près de 4,3 millions $ grâce à la vente de quatre terrains, ainsi que des revenus annuels supplémentaires en taxes municipales estimés à 2,5 millions $.

Une présentation à huis clos faite au comité exécutif, le 14 mars dernier, a permis de faire le bilan de l’avancement des travaux en cours depuis 2015. Il s’agissait du premier exercice du genre depuis la fusion en 2002. La Ville n’avait auparavant aucune idée précise de la valeur de ses actifs immobiliers et encore moins des revenus qu’elle pourrait en tirer si elle décidait de tester le marché.

L’analyse de 18 terrains et bâtiments appartenant à la Ville a jusqu’ici été complétée, alors qu’une quinzaine d’autres immeubles identifiés en 2015 font toujours l’objet d’une étude plus poussée.

Le plan d’action adopté en mars dernier donne le mandat à l’équipe spéciale formée au service de la gestion immobilière de poursuivre l’analyse d’une vingtaine d’autres terrains vacants d’ici 2020.

Le chantier s’avère toutefois un peu plus ardu que prévu, a indiqué le président du comité exécutif, Gilles Carpentier, mercredi matin lorsqu’interpellé à ce sujet par Le Droit.

« C’est plus complexe qu’on se l’imaginait, a-t-il affirmé. Il y a un nombre assez élevé de dossiers qui doivent être analysés sous tous leurs angles, la valeur immobilière, la valeur du marché, tout ça, et on veut s’assurer d’avoir une bonne emprise sur nos immeubles et leur importance sur le marché. On a un meilleur inventaire de nos immeubles et on est mieux positionné stratégiquement pour prendre des décisions par rapport à ce qu’on garde et ce qu’on souhaite mettre sur le marché. »

Terrains à vendre

Les revenus découlant des décisions immobilières prises depuis 2015 viennent en grande partie de la vente de gré à gré du terrain de la nouvelle super clinique à l’angle des boulevards Saint-Raymond et Cité-des-Jeunes, d’un terrain dans le secteur de place de la Cité et de deux terrains dans le secteur de la nouvelle rue Morin.

Le rapport recommande aussi de réserver le terrain du 40, boulevard de la Technologie, dans le secteur des Hautes-Plaines, pour accueillir éventuellement un projet de logements abordables.

Du développement est aussi à prévoir à l’intersection du boulevard Lucerne et du chemin Fraser, dans le secteur Aylmer. Un appel d’offres est en préparation pour la vente du terrain.

Le bilan 2015-2017 révèle aussi que douze bâtiments ont été démolis par la Ville.

L’analyse de cinq autres bâtiments est encore en cours de réalisation, notamment l’édifice John-R. Luck, le Château d’eau situé à côté des Brasseurs du Temps, ainsi que le bâtiment #9 situé au 100, rue Gamelin.

Des analyses doivent aussi être complétées concernant des terrains et des immeubles vacants à la Fonderie.

DU PRIME LAND AU COEUR DU CENTRE-VILLE

Les terrains pouvant encore être développés dans l’Île-de-Hull se font rares depuis déjà belle lurette. La Ville de Gatineau peut toutefois se vanter d’avoir en sa possession un lot qui est probablement l’un des plus convoités du centre-ville, et son service de la gestion immobilière y accorde une attention toute particulière. 

Le quadrilatère formé par le boulevard Maisonneuve, le boulevard des Allumettières, la rue Champlain et la rue Saint-Étienne, occupe une place de choix dans le portefeuille immobilier de la Ville. Ce lot de six terrains situés dans un endroit hautement stratégique correspond en tout point à ce que les promoteurs immobiliers considèrent comme du prime land. 

La Ville de Gatineau continue de faire le ménage dans l’inventaire de son parc immobilier. Le conseil municipal a donné un mandat à une équipe spéciale de poursuivre l’analyse de dizaines de terrains vacants et d’édifices inutilisés comme celui situé tout près de la Fonderie, sur la rue Montcalm.

L’« Îlot de la caserne », nommé ainsi parce qu’il comprend la vieille caserne #3 construite en 1911 qui bénéficie d’une citation patrimoniale, fait l’objet d’une analyse de la part des services municipaux depuis 2016, selon le plan immobilier présenté en mars dernier au comité exécutif. Il comprend six terrains et neuf bâtiments, surtout des immeubles résidentiels. La valeur de ce lot situé à l’angle des deux principales artères du centre-ville n’est pas indiquée. 

La volonté de la Ville de Gatineau d’en faire quelque chose semble toutefois très claire. Une note inscrite au plan immobilier 2018-2020 concernant ce lot précise que l’administration municipale est actuellement « en attente du promoteur ». 

Il n’y a pas d’indication sur une éventuelle vente de gré à gré, ou de préparation d’un appel d’offres, comme c’est le cas pour d’autres terrains sous la propriété de la Ville. Le nom du « promoteur » en question n’est pas précisé. Le Droit a tenté d’en savoir un peu plus auprès du conseiller municipal du quartier, Cédric Tessier, mais ce dernier a été expéditif. « Je ne veux pas commenter quoi que ce soit que j’ai eu en présentation [au comité exécutif] », a-t-il rapidement laissé tomber.