Le président de la commission de développement économique de Gatineau croit plus à la « prospection » d’entrepreneurs dans la région d’Ottawa qu’ailleurs dans le monde.

Gatineau en mission économique... à Ottawa

Pas besoin d’aller très loin pour donner un coup de pouce au développement économique à Gatineau. Un simple rapprochement entre les entrepreneurs du côté québécois de la rivière des Outaouais et ceux d’Ottawa serait déjà un bon début, selon la Ville de Gatineau. C’est dans ce contexte qu’ID Gatineau et le Secrétariat de développement économique organiseront une mission économique dans la capitale fédérale d’ici l’été prochain, a appris Le Droit.

«C’est bien beau une mission en France ou au Maroc, mais on s’est dit qu’il y a beaucoup d’entrepreneurs à Ottawa qui devraient mieux connaître les avantages de venir à Gatineau pour faire des affaires avec nos entrepreneurs, et vice versa, explique le président de la commission de développement économique de Gatineau, Jean-François LeBlanc. Le but sera de faire des rapprochements et de faciliter les échanges entre les entrepreneurs. On ne va cependant pas aller à Ottawa en disant aux entrepreneurs d’arrêter de payer des taxes chez eux pour venir en payer à Gatineau, on veut favoriser le travail avec Ottawa, alors ce n’est pas l’objectif.»

Il s’agit là, explique M. LeBlanc, d’un autre exemple des liens de plus en plus intenses qui unissent Gatineau et Ottawa.

Une dizaine d’entrepreneurs pourraient faire partie de la mission. «On le voit en tourisme, en transport, au niveau politique et maintenant en développement économique», dit-il. Ce rapprochement entre les deux villes sera aussi évident, ce mercredi, alors que les maires Maxime Pedneaud-Jobin et Jim Watson seront ensemble sur scène pour s’adresser aux gens d’affaires qui seront réunis au Hilton du Lac-Leamy dans le cadre du 9e Rendez-vous des entreprises de Gatineau.

«Donner pour recevoir»

Le rapprochement entre Ottawa et Gatineau amène aussi un sentiment de confiance encore jamais vu jusqu’ici entre les organisations de développement économique des deux villes. M. LeBlanc indique qu’un poste a été créé il y a environ six mois au conseil d’administration d’ID Gatineau afin de faire une place à un membre d’Invest Ottawa, deux organisations dont le mandat les place naturellement en compétition.

«ID Gatineau n’a pas encore la même chose à Invest Ottawa, mais on est parti avec le principe de donner pour recevoir, explique M. LeBlanc. Il faut faire confiance si on est pour travailler ensemble. Nous avons eu quelques rencontres jusqu’ici et la discussion viendra éventuellement sur la possibilité pour nous de siéger à Invest Ottawa. Nous n’avons pas encore fait de demande officielle, mais avec notre mission économique à Ottawa, on va être très clair dans notre message. On veut se rapprocher, travailler ensemble et [avoir un siège à Invest Ottawa] deviendra inévitable un moment donné.»

Étude sur la frontière en retard

Un des mandats de la commission de développement économique était de documenter, à l’aide d’une étude portant sur la mobilité de la main-d’œuvre, la recherche et le développement, le marché immobilier résidentiel et les défis linguistiques, les impacts de la frontière séparant Gatineau et Ottawa.

Cette étude était présentée comme importante afin de définir certaines des actions à mettre en place sur le terrain. Aucune organisation n’a répondu à l’appel lors du premier appel d’offres. Un deuxième appel d’offres beaucoup plus restreint a été lancé et c’est l’organisme CIRANO qui l’a remporté. Son mandat sera cependant tout autre puisqu’il se penchera plutôt sur le contexte réglementaire affectant les entreprises du secteur technologique.

«Nous n’avons pas encore reçu cette étude, indique M. LeBlanc. Peut-être que le Secrétariat l’a reçue, mais elle n’a pas encore été présentée à la commission.»

M. LeBlanc n’a pas été en mesure de préciser qu’il était la suite des choses concernant l’étude inscrite au plan d’action de sa commission.